Nouvelle #4 : Visite de chantier

Je suis un grand fan de la série Kaamelott et j’ai récemment découvert les fan-fictions de Buzit le Barde. Les nouvelles que j’écris étant mon terrain d’entraînement, j’ai donc eu envie de m’essayer à ce style le temps d’un article. mioursmipanda-nouvelle-kaamelott

Prologue

(Arthur croise Léodagan à la porte du château, en compagnie du Père Blaise)

ARTHUR : Bah ! Qu’est-ce que vous foutez là Beau-Père !

LEODAGAN : Ben c’est pas aujourd’hui qu’a lieu la visite de chantier ?

ARTHUR : Euh… Si, oui, oui. Mais comme les bondieuseries, on peut pas dire que ce soit votre truc, je m’attendais pas à vous voir, c’est tout.

LEODAGAN : Ah mais n’allez pas croire que je viens par charité, hein. Vous apprendrez que la cathédrale, votre architecte égyptien a pas trouvé meilleure idée que de me la coller en plein dans le champ de vision d’une des tourelles de garde.

ARTHUR : Et ?

LEODAGAN : Bin comme on peut pas filer une tâche simple à un troufion ici, je prends les choses en main. Comme ça je verrai où en monter une nouvelle sans être gêné.

ARTHUR : Quoi ?! Encore ?! Mais vous en avez déjà cent cinquante des tourelles ! Y’en a marre à la fin !

PERE BLAISE : Euh… Sir, je ne voudrais surtout pas en rajouter, mais une cathédrale, c’est pas la chapelle à pécores du coin improvisée dans une grotte.

ARTHUR : Vu le prix que ça me coûte, ça j’avais pigé. Et ensuite ?

PERE BLAISE : Alors vu qu’elle se situe en dehors des premières lignes de défense, y mettre un ou deux gardes en poste ne serait pas de trop.

ARTHUR : Et ba vous manquez pas de souffle vous non plus, dites-donc !

Acte 1

(dehors, avec des bruits de travaux)

VENEC  : Alors, qu’est-ce que vous en dites ?

PERE BLAISE (guilleret) : C’est magnifique ! Sir, vous ne trouvez pas ?

ARTHUR (soufflant) : Oui, si on veut… Désolé Père Blaise, mais avec quatre rangées de pierres de haut et six colonnes, j’ai encore un peu de mal à visualiser l’ensemble. Alors de là à dire que c’est magnifique…

VENEC  : Hey ! Je me suis pas foutu de votre gueule, moi. Je vous avais dit que mon architecte égyptien c’était un des meilleurs.

LEODAGAN : Ah faut reconnaître qu’il sait s’adapter. Vous m’auriez dit qu’il était romain que j’y aurais cru, mais vous auriez pris un risque.

VENEC (discrètement)  : Bon, je vous le dis quand même, maintenant que les travaux sont engagés : c’est un romain. Je le présente comme un boukak parce que ça fait plus exotique, voyez. C’est plus vendeur quoi.

ARTHUR : Oui, et puis un romain, vous vous doutiez que ça m’aurait peut-être foutu un peu en pétard.

LEODAGAN : Ah c’est vrai que vous, quand il s’agit d’être fidèle à votre pays, vous sortez tout de suite du bois.

ARTHUR : Bon, et sinon, question adaptation, le budget il a arrêté d’être adaptatif, lui ? Parce que bon, okay, le bousin semble plutôt bien parti. Mais faudrait peut-être un peu arrêter de nous prendre pour des glands en ajoutant un chiffre chaque semaine.

VENEC : Non mais c’est bon Sir, vous inquiétez pas. En plus là j’ai fait un coup d’enfer avec mon pote pirate. Du coup, quand j’ai un ouvrier qui crève parce qu’il s’est pris un bloc de pierre sur la gueule, paf, je peux le remplacer direct, ça me coûte rien.

PERE BLAISE : Moi, je ne dis plus rien.

ARTHUR : À part à regarder les travaux comme Dame Mevanwi regarderait une savonnette, on peut pas dire que vous ayez moufté grand chose, vous. Mais n’empêche que je suis d’accord avec vous.  Ca serait peut-être pas mal de lever enfin le pied sur ces conneries, Venec.

VENEC : Oh ba c’est vous qui voyez, Sir. Mais forcément, c’est plus cher.

LEODAGAN : C’est dingue ça, vous loupez jamais une occasion, vous !

PERE BLAISE : Enfin là, c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité. Mais moi je dis ça…

Transition

BOHORT : Sir !! C’est magnifique !!

LEODAGAN : Mais vous n’allez pas vous y mettre vous aussi ! Non de non !

BOHORT : Mais Seigneur Léodagan, regardez ce superbe travail, réalisé par des artisans au savoir-faire exceptionnel ! J’en suis certain, cette cathédrale va être le joyaux de notre nation et faire rayonner tout notre beau royaume de Logres.

PERE BLAISE : Ah ! Merci, Seigneur Borhort.

BOHORT : Mais je vous en prie, Père Blaise.

ARTHUR : Non mais qu’est-ce qu’il faut pas entendre… Allez vous faire soigner Bohort, sans déconner.

LEODAGAN : Bon, et sinon, ça va faire quelle taille, tout ça une fois fini ?

VENEC : Oh ba comptez deux cent trente cinq pieds environ. Deux cent trente six avec la flèche.

LEODAGAN & ARTHUR (en coeur): Quoi ?!

ARTHUR : Mais c’est une cathédrale ou une pyramide que vous nous faites ?! Parce que du coup, je comprends le côté extensible du budget là…

PERE BLAISE : Sir, une cathédrale, c’est pas une église hein. C’est pas pensé pour faire dans la dentelle.

ARTHUR : Et ba j’vois ça ! Mais ça va prendre combien de temps à construire, cette connerie ?

PERE BLAISE : Sir, ne blasphémez pas.

ARTHUR : Pardon. Venec !

VENEC : Bien lancés, si les gars des ressources humaines sont pas emmerdés par le manque d’approvisionnement, trois siècles.

LEODAGAN : Trois siècles ?! Mais comment je fais s’il y a des envahisseurs ?

ARTHUR : Ba la question se pose plus, puisqu’on a le temps avant que la vue soit encombrée. Au moins quand il sera question d’ajouter des tourelles, on sera canné depuis longtemps.

BOHORT : Un édifice de cette qualité mérite bien qu’on s’y attarde un peu.

LEODAGAN : Et si plutôt que de vous occupez de la qualité des vitraux dont on verra jamais la couleur, vous commenciez par vous attardez sur vos classes, vous, ça nous ferait des vacances.

BOHORT : C’est petit.

ARTHUR : Oui, mais il a raison.

LEODAGAN : Ah !

Transition

VENEC : Bon, et sinon, pour la pierre, l’emplacement, la vue, ça va ? Pas déçu ?

ARTHUR : Non, c’est bien, c’est bien… Je trouve juste con de la part du Pape de lancer des constructions de cathédrale aux quatre coins du monde connu, alors que lui-même sera mort avant qu’on ait dépassé le mètre quarante de haut.

PERE BLAISE : Sir, quand même…

ARTHUR : Ben quoi ! C’est vrai ou c’est pas vrai ?

LEODAGAN : Mais dites-moi, Venec, ce qu’on vous paye…

ARTHUR : Nan nan nan nan nan nan, ce que JE paye.

LEODAGAN : Oui, bon, ce que le royaume vous paye, ça couvre quoi exactement ?

VENEC : Oh ba les vingt cinq premières années de travaux, on est pas des bêtes non plus.

ARTHUR : Pardon ?! Vous voulez dire que dans vingt cinq ans faudra à nouveau casquer ?

VENEC : On en avait pas parlé ? Enfin bon, si vous posez pas de question aussi, on peut pas s’en sortir…

ARTHUR : Ca commence sérieusement à me courir, moi cette histoire.

LEODAGAN : D’autant que le fond des caisses il est pas extensible et qu’on commence déjà à en voir le bois du dessous.

PERE BLAISE : Quoi ? Qu’est-ce que vous avez à me regarder ?

ARTHUR : Vous vous entendez bien avec le Pape, vous ?

PERE BLAISE : Il a fait partie de mes enseignants quand j’étais au séminaire, mais à part ça, rien de spécial. Pourquoi ?

ARTHUR : Parce que si les romains ont pas su prendre la Bretagne, c’est pas un curé habillé en blanc qui pourra la prendre.

PERE BLAISE : Quand même, Sir…

ARTHUR : Y’a pas de quand même qui tienne. S’il veut sa cathédrale, va falloir qu’il commence à aligner les ronds.

Noir

BOHORT  : Sir, rassurez-moi, vous ne laisseriez tout de même pas le royaume de Logres devenir une terre barbare ?

ARTHUR : Vous voulez parier ? Mais rassurez-vous, il osera pas dire non.

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Sébastien DROUIN

Consultant en communication, designer graphique, blogueur, formateur, chroniqueur radio, catholic veggie, zèbre et électron libre. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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