Hullabaloo : Le projet steampunk des vétérans Disney pour sauver l’animation 2D

Par , Le 9 septembre 2014 (Temps de lecture estimé : 5 min)

Hullabaloo est le nom qui tourne partout en ce moment dans la blogosphère anglophone steampunk. Amateur de steampunk ? Ou de Disney à l’ancienne ? Ce film sera pour vous, mais ce n’est pas un Disney…

Le blog reprend enfin du service après un déménagement qui m’aura coupé du web un petit peu plus longtemps que prévu. Et pour redémarrer, aujourd’hui on va parler steampunk, Disney et préservation des savoir-faire dans le même article. Et ouais, tout ça à la fois !

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Une référence à Chester, le chat de Alice au Pays des Merveilles ?

Mais alors, ce film, c’est un Disney ou ça n’en n’est pas un ? En fait, Hullabaloo est une œuvre dont la réalisation est gérée par d’anciens combattants des studios Disney qui rêvaient de faire un beau et long métrage d’animation steampunk dessiné à la main. Le projet est piloté par John Lopez, un vétéran de chez Disney avec 25 ans de bagages dans l’animation. Le type à “juste” bossé sur Le Roi Lion, La Princesse et la Grenouille, Pocahontas, Souris City, Hercule, Kuzco et Tom and Jerry. Avec lui, on retrouve aussi Bruce Smith (Tarzan, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?), Rick Farmiloe (La petite sirène, Aladdin, La Belle et la Bête), Minkyu Lee (La Reine des Neiges, La Princesse et la Grenouille), Sandreo Cleuzo (Il était une fois, Kuzco), Sarah Airriess (Les Mondes de Ralph and Paperman), Artist Alexa Summerfield Goriup (Prince d’Égypte, Spirit), CG Modeler Joffery Black (Les Indestructibles, Ratatouille) et Leo Olivetto.

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John Lopez

Bref, c’est pas la clique de “Jo l’Rigolo” ! Le film coûtant un bras, l’équipe de Lopez à alors sollicité les internautes a travers une campagne de crowdfunding pour parvenir à réunir une mise de départ et convaincre des financeurs. Objectif : 80 000 $. J’aurai aimé vous inviter à participer mais ce n’est plus la peine : à la surprise de tout le monde, la campagne à tout simplement fait exploser le compteur à 243 000 $ tandis que la date de fin de celle-ci est au 1er Octobre.

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La démarche de l’équipe est très intéressante et mérite d’être soulignée : A travers la réalisation de ce long métrage leur but est de contribuer à préserver l’art de l’animation 2D, alors mourant. Tout du moins, retarder la fin de celle-ci en leur permettant de se servir de leur savoir-faire au travers d’un beau film. Voici la présentation de John Lopez de Hullabaloo et quelques images promotionnelles du film :

Et le synopsis ?

Hullabaloo est l’histoire de Veronica Daring, une jeune scientifique brillante qui retourne à la maison pour retrouver son père – l’inventeur excentrique Jonathan Daring – après avoir terminé ses études dans une grande école. Finalement, celui-ci a disparu sans laisser de trace. Le seul indice laissé indique à Veronica d’aller vers Daring Adventures, un parc d’attractions abandonné utilisé par son père pour tester ses fantastiques inventions à vapeur. Là, elle découvre une étrange fille nommée Jules, qui accepte de l’aider à localiser son père disparu et découvrir les secrets de son travail.

Ensemble, Veronica et Jules apprennent que Jonathan Daring a été enlevé par un mystérieux groupe de personnes cherchant à utiliser sa dernière invention à des fins malveillantes. Ces méchants sont riches et influents et ni Veronica ni Jules ne peuvent les arrêter ouvertement. Mais elle est déterminée à sauver son père tout en restant fidèle à l’éthique familiale que la technologie doit être utilisée pour le bien de tous et non pas la cupidité de quelques uns.

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Bref, un scénario somme toute classique, qui n’est pas sans rappeler un peu celui de Steamboy, un animé japonais sorti en 2004 au décors steampunk. Pas de date de sortie pour Hullabaloo, mais nul doute que le trait Disney étant séduisant, l’équipe de Lopez saura amener le projet à son terme et apporter une plus-value à l’histoire tout en participant à la sauvegarde de leur savoir-faire.

Page Facebook de Hullabaloo

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René DROUIN

Auteur de SF et de fantasy, blogueur et créatif touche-à-tout. Je suis aussi catholique, designer graphique, papa et avec une pensée à contre-courant. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière. Textes humains sans IA ajoutée.

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Commentaires

  1. Laura

    Le cinéma d’animation 2D à proprement parler est peut-être “mourant” aux Etats-Unis mais c’est très loin d’être le cas en Europe … Je pense que vous achevez un peu vite les réalisateurs et artistes qui croient en la 2D et aiment travailler cette technique.

    Quelques exemples très réussis récents ou à venir (que je vous recommande vivement) :
    Ernest et Célestine (2012 – France), Song or the Sea (2014 – Irelande), Tout en haut du monde (2015 – France), Phantom Boy (2015 – France/Belgique), O menino e o mundo (Le Garçon et le Monde) (2014 – Brésil), L’arte della felicità (2014 – Iltalie), Un monde Truqué (2015 – France) par J. Tardi et C. Desmares (dir. de l’animation sur Persepolis en 2007), Le Chat du Rabin (2011 – France), Chico et Rita (2012 – Espagne) …

    Sans parler de l’animation japonaise et coréenne (Le vent se lève, Kaguya Hime, Lettre à Momo, Les enfants loups, Summer Wars, Patema, Green Days, Mai Mai, Redline …)

    Donc non, l’animation 2D n’est pas mourante. C’est un média qui continue d’être distribué et vu en salle dans le monde. Et même si des cérémonies telles que les Oscars continuent de mettre en avant des Frozen ou Big Hero 6 de Disney/Pixar, cela ne veut pas dire que le long métrage d’animation 2D ne fait pas suffisamment d’entrées ni de chiffre pour continuer à vivre, créer et se renouveler ailleurs.

    • mioursmioanda renedrouin digitalpainting
      René DROUIN

      Merci de votre avis
      Malheureusement, les exemples que vous citez pour l’Europe reste des productions peu connues du grand public. La prod’ 2D va donc se marginaliser de plus en plus. Sans doute mourra-t-elle aux USA avant l’Europe, là dessus je vous le concède. Quand à l’animation japonaise et coréenne, il en est de même qu’en Europe : Myazaki (père) et Takahata sont parmi les derniers à bosser “à l’ancienne”. Le fils de Myazaki, lui, bosse avec le numérique (même si visuellement il parvient à obtenir quelque chose de sensiblement pareil).
      Après, ce n’est qu’un ressenti personnel, mais je ne crois pas (même si j’aimerai) en l’avenir des longs métrages 2D. Il y aura bien quelques OVNIS à sortir de temps en temps, mais on reste très très loin de “l’âge d’or” de la 2D.

  2. Laura

    En effet, 8 films sur 10 qui sortent en salle actuellement sont des productions en 3D. Mais ca dépend aussi de quelle façon vous définissez “l’age d’or de la 2D”.
    Il y a encore 15 ans, cet âge d’or c’était Disney sortant 2 films par ans (un l’été et un l’hiver) se battant contre Dreamworks qui sortait lui-même ses 2 films aux même périodes.
    En 2014, sont sortis en salle 25 longs métrages d’animation internationaux dont 8 en 2D. (http://www.filmsanimation.com/news/11157/calendrier-2014-animation)

    Le marché ne se meure pas, il s’est ouvert à plusieurs nouvelles techniques dont le standard populaire désormais qu’est la 3D, ce qui a fait tomber le monopole de la 2D papier et tant mieux.
    On a jamais vu autant de spectateurs aller voir des films d’animations spontanément et surtout sans leur enfants ! C’est une victoire : ) !

    Ce qui m’ennuie dans le propos de John Lopez, ou le votre, c’est que vous semblez penser que l’animation à la main ne passe que par le papier. Et c’est là l’erreur. Alors oui, l’animation papier disparait, pour des raisons économiques essentiellement (ca prend 3 fois plus de temps et c’est 10 fois moins pratique) mais l’animation à la main, via des outils numériques, est belle est bien vivante et reconnue. “Song of the Sea”, “Persepolis” ou “Ernest et Célestine” sont de très jolis exemples (et viable).

    Se mesurer à un “How to train your Dragon 2” est un peu illusoire. Cependant même dans le cinéma en prise de vie réelle, ce n’est pas parce que les blockbusters hollywoodien existent que les autres productions meurent. Il faut juste qu’il y ait suffisamment de spectateurs en salle pour les rentabiliser.

    Et si le studio Ghibli a perdu en effet ses 2 têtes d’affiches que sont Takahata et Miyazaki, la relève dans d’autres studios est cependant déjà là auprès de Hosada Mamoru ou de Okiura Hiroyuki. Le grand public attend juste des les découvrir soudainement comme il l’a fait avec “Mononoke Hime” en 99 : ) J’y crois.

    • mioursmioanda renedrouin digitalpainting
      René DROUIN

      Merci de votre retour très détaillé !