« Veni, Vidi, Vici », un livre qui pousse à faire de son titre une réalité personnelle

Par , Le 16 juillet 2022 (Temps de lecture estimé : 6 min)

Voilà longtemps que je n’ai pas parlé ici de l’une de mes lectures. Tandis que je lis de plus en plus de livres proposant des réflexions et de moins en moins de fictions, « Veni, Vidi, Vici – Menace sur les gauchistes » mérite largement d’être connu (même par les gauchistes).

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« Je suis fait du bon bois ». C’est la chose qui m’est venue en tête en arrivant vers la fin de ce livre.

Écrit par deux auteurs sulfureux et polémiques, Julien Rochedy et Papacito, ce livre m’a surpris. Il faut le dire, je m’attendais à lire une longue réflexion assortie de punchlines et qui allait d’abord me conforter dans mes idées. Une sorte de lecture de respiration. Finalement, j’en ressors grandi, et ce pour plusieurs raisons. J’étais parti pour rédiger une critique positive de ce livre, je vais finalement vous parler brièvement du mouvement intérieur que cela a eu sur moi. Car au final, de par la façon dont il est écrit – une sorte de discussion composée de récits personnels, entre Papacito et Rochedy – ce livre entretient un rapport particulier avec son lecteur. Tout du moins est-ce ainsi que je l’ai vécu. Une précision avant de poursuivre : le livre ne se limite pas à ce que tu t’apprêtes à lire, loin de là, mais c’est ce qui m’a le plus marqué.

La première chose que je tire de ce livre, c’est ce que ça m’a permis de poser des mots sur mes récents développements intérieurs. Alors que d’aucuns diraient que je me radicalise toujours plus, ce livre m’a au contraire fait comprendre que mes réflexions ont du sens, que cela va plus loin encore et qu’elles sont largement partagées même si nous restons minoritaires.

La seconde, c’est que je suis fait du bon bois. Le livre propose (implicitement au début, explicitement vers la fin) un éloge de la virilité. Loin d’être une valeur désuète, il montre à quel point elle est fondamentale, même chez l’homme du XXIème siècle et, surtout, ce qu’elle est vraiment. Or, j’ai justement grandi entouré de ce que j’appelle des « Belmondo ». Mon père, mon grand-père, ainsi que tous ces hommes que je pouvais croiser dans les établissements hôteliers où mon père bossait et dans lesquels il m’amenait. Des mecs directs, cash, prêt à mettre un bourre-pif au premier connard venu, mais avec le cœur sur la main aussi souvent que possible. Ils ont été des figures de référence et j’en prends encore plus conscience à la lecture de ce livre, qui me pousse à assumer des aspects de ma personnalité que j’avais tendance à modérer peut-être un peu trop depuis quelques années.

Au Moyen-Âge, on aurait dit de moi que je venais d’une famille de roturiers. Mais quelle famille ! Ma mère a reconstitué son arbre généalogique et celui de mon paternel jusqu’au XVIIème / XVIIIème siècle. Je sais que d’un côté comme de l’autre que parmi mes aïeux il y avait essentiellement d’humbles paysans, quelques viticulteurs et quelques commerçants. Mais parmi eux, j’ai :

  • Un aïeul tombé au front durant l’une des batailles de la Somme, durant 14-18.
  • Un arrière-grand-père paternel (que j’ai bien connu) qui a servi et a été capturé par les Allemands. Il est ressorti vivant des camps après la fin de la guerre, parlant trois langues et respecté de ses geôliers. Déjà, là, tu sens qu’il y a de la badasserie dans l’air.
  • Mon grand-père paternel, qui a fait l’Algérie.
  • Une arrière-grand-mère maternelle qui a caché dans sa ferme pendant plusieurs années deux déserteurs allemands qui désapprouvaient Hitler.
  • Plus terre à terre : mon grand-père maternel, qui s’arrachait les dents à la tenaille quand elles étaient cariées et qui soignait ses plaies à la gnaule. La première fois qu’il a vu un médecin, il avait environ 70 balais. Là encore, aucune place pour la fragilité.
  • Il y a aussi un x-arrière-grand-oncle qui était un curé défroqué bagnard en cavale s’étant épris puis tapé ma x-arrière-grande-tante.
  • Etc.

Chatouiller ces personnes, ça revenait un peu à essayer de pincer les baloches d’un tigre dans un zoo suite à un pari débile. Mais avoir des aïeux de cette carrure ne suffit pas, c’est un héritage qu’il faut saisir et je vais y revenir.

Je dis souvent que nous vivons une parenthèse dans l’histoire de l’humanité. En dépit de l’actualité, c’est certainement l’une des périodes de l’histoire où la paix règne le plus dans le monde occidental. Et comme le dit l’adage :

« Les temps difficiles créent des hommes forts. Les hommes forts créent les périodes de paix. Les périodes de paix créent les hommes faibles. Les hommes faibles créent les temps difficiles ».

Voilà qui explique de toute évidence pourquoi certains en sont à vouloir décider du sexe des chaises.

Malgré mon énergie, ma capacité à faire des choses, le fait d’être un brin grande gueule et de n’avoir le plus souvent rien à cogner de l’avis des autres, je dois admettre avoir longtemps fait partie des hommes faibles dans une certaine mesure. J’entends par là, être incapable de défendre physiquement ma peau si demain ça explose, vivre ma vie, jouer les pacifistes et tutti quanti. Ça intègre aussi le fait d’être un « intello » et pour le THPI que je suis, c’est un peu dur à avaler : à l’état naturel, les individus les plus intelligents d’une espèce pensent tellement qu’ils n’ont pas le temps de réagir et se font bouffer tout cru. Or parfois, le plus efficace est d’aller au charbon. On ne peut pas toujours éviter les coups, sauf à être une larve faisant de la lèche. Aussi faut-il relativiser cette intelligence. Elle doit apporter un avantage stratégique, faciliter le quotidien, et non amoindrir les réflexes.

Mais être né dans une période de paix ce n’est pas une fatalité et ce livre est un bon coup de pied au cul : face aux problèmes du monde, actuels et à venir, il nous rappelle que nous avons déjà tout ce qu’il faut pour nous prendre en main. Nous l’avons dans notre Histoire, une partie d’entre nous l’avons littéralement dans nos gênes et, si on le veut bien, on peut l’avoir dans les tripes. Ce n’est qu’ainsi, et avec l’aide de Dieu évidemment, que chacun peut faire du titre du livre une réalité personnelle.

« Veni, Vidi, Vici – Menace sur les gauchistes », aux éditions Hétairie, disponible à l’achat sur le site de Julien Rochedy.

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René DROUIN

Entrepreneur, blogueur curieux de tout, écrivain à mes heures perdues, catholique, crypto-enthusiast, THPI. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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