12 bonnes raisons de ne pas partir durant mes vacances

Quelles peuvent bien être les raisons qui poussent quelqu’un à rester chez lui ? Comment se fait-il qu’une personne qui en a la possibilité ne participe pas à ce sacro-saint rituel né avec l’apparition des congés payés ? Témoignage. aetherium-sweet-home

Très souvent, les mois de Juin et Juillet sont propices aux discussions relatives aux vacances. Mais dès que je réponds « je ne pars pas, je préfère rester chez moi » à la question « et toi, tu pars où ? », j’ai l’impression d’être comme mis au ban de la société. L’étiquette « alien » m’est collée sur le front et ne disparaîtra qu’une fois la rentrée bien entamée, quand on aura oublié que ce n’est pas avec moi qu’on peut partager ses souvenirs de vacances. Je vais être direct : généralement, à part les destinations qui sortent de l’ordinaire, ce que les autres ont pu faire à [insérez ici un nom de lieu contenant les termes « Plage » ou « Les-Bains »] m’intéresse assez peu (voir pas du tout). Car ceux qui me connaissent ou me suivent depuis longtemps le savent bien : je suis un gros casanier. Le genre indévissable de chez lui ou presque. Lors de mon voyage de Noces, ça m’a même valu une crise d’angoisse lors du départ.  Bref,pour moi les vacances, c’est synonyme d’un temps de joie… chez moi !

Mais alors quelles peuvent bien être les raisons qui poussent quelqu’un à rester chez lui ? Comment se fait-il qu’une personne qui en a la possibilité ne participe pas à ce sacro-saint rituel né en 1936 avec l’apparition des congés payés ? Retour d’expérience (à prendre parfois au 36ème degré, avec ou sans canicule), afin de clore le sujet une bonne fois pour toutes.

Parce que j’ai toujours plein de choses à faire

Prendre plus de temps avec mes enfants, m’occuper du jardin, terminer les deux livres que j’ai commencés (puis lire les treize suivants en attente d’être lus), refaire la salle de bain, repeindre des portes, peindre mes figurines Warhammer 40K, aller rendre visite à ce pote que je n’ai pas vu depuis deux ans, en appeler un autre pour aller boire un verre ensemble, revoir le plan de permaculture du jardin, isoler certains endroits de la maison, etc. Bref, juste avec les activités extra-professionnelles, je n’ai pas de quoi m’ennuyer ! J’ai déjà du mal à conjuguer tout ça avec toutes mes autres activités le reste de l’année, alors si en plus je dois partir en vacances, je ne vais jamais m’en sortir. Et pour moi, c’est reposant, puisque ça me fait décoller de mon écran et le sentiment de me mettre enfin à jour sur tout le reste. Ne rien faire, c’est l’angoisse assurée.

Parce qu’il y a tant à voir localement

Je pars d’un principe tout simple : pourquoi aller mettre son argent dans des voyages quand il y a déjà tant à voir localement ? Abbayes, musées, espaces naturels, etc. Ce ne sont pas les idées de sorties qui manquent et qui permettent un vrai dépaysement sans jamais dépasser les deux heures de route. Alors avant d’aller voir ailleurs si l’herbe y est plus verbe ou le sable plus doux, je me dis qu’il y a déjà beaucoup à faire par ici. Et si un jour je suis en mesure d’affirmer que j’ai fait le tour, il ne fait aucun doute que les premières sorties seront à refaire, car le contenu aura évolué.

Parce que j’ai d’autres choses à payer en priorité

Mettre 1500 € dans des vacances en famille tandis que c’est le prix que vont me coûter les deux prochaines fenêtres à changer à l’étage, c’est niet. Nous faire plaisir, oui, mais inutile d’être dans la démesure tandis qu’il y a clairement d’autres priorités. De plus, notre génération va devoir se constituer un capital si elle ne veut pas être en retraite à soixante-dix ans. Et me concernant, j’ai clairement décidé que je serai en retraite bien avant cet âge ! Ce n’est pas en me payant des vacances que j’y parviendrai. Par contre, et si Dieu le permet, je serai très probablement en retraite avant tous mes cogénérationnaires.

Parce que je n’ai pas envie d’être le touriste que moi-même je ne supporte pas

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Si vous habitez une zone touristique, vous savez : celui après qui vous râlez parce qu’il s’est garé sur votre place. Et bien quand vous avez tourné pendant vingt minutes et que vous craquez en prenant le premier espace trouvé, sans réfléchir, vous êtes ce touriste. Quand on ajoute quelque chose à cette poubelle débordante, car pas le choix, et qu’au premier coup de vent tout s’en va sur la plage, on devient de facto un gros dégueulasse. Quand on emmène son chien sur la plage, dont on compte bien ramasser la crotte que finalement on ne voit pas faire, parce qu’on était trop occupé à rappeler au petit de ne pas mettre de sable dans son short de bain, idem. Bref, ce touriste lambda, qui est sans doute quelqu’un de très sympa le reste de l’année, mais qui vient perturber notre environnement parce qu’à ce moment, c’est un touriste, avec tous ses défauts.

Parce qu’on pourrait nous cambrioler en notre absence

Même si je déploie les moyens qu’il faut pour être tranquille de ce côté, on est jamais trop prudent. Chaque année, il y a en France environ 243 500 cambriolages. Soit un toutes les 90 secondes. Un français à 10% de chances de se faire cambrioler au cours des six prochaines années. Ca vous paraît peu ? Extrapolée sur douze ans, cette statistique passe donc à 20%, soit 1 chance sur 5. Ce n’est pas tant ce qu’il y a à voler chez moi qui me fait peur : ça ne déborde pas d’objet de valeur. Mais tout retrouver sens dessus dessous, avec mes trois chats en fuite terrorisés, non merci.

« Mon cœur, n’oublie pas d’actionner le levier en sortant… Oui, celui sous l’étiquette 20 000 volts ».

Parce que j’ai horreur de passer mon temps sur la route

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J’en ai fait des kilomètres en voiture en France… Les allers-retours Rennes-Amiens en un week-end à répétition. Idem avec Rennes-Caen. Ou encore ce road trip en solo Rennes-Liège en aller-retour (aller d’une traite, idem pour le retour). Ca fera sans doute sourire les commerciaux ou mon bro qui fait dans la gestion de patrimoine, chevronnés de la route, mais pour ma part j’ai ma dose.

Quand vous êtes célibataire, ça va encore. Mais quand vous avez des enfants, c’est tout de suite un véritable déménagement associé à une pression de dingue. « On a pensé à la crème solaire ? ». « Oublie pas la draisienne de Noé ». « Le porte-bébé est bien dans la voiture ? ». « On part dans cinq minutes ». « Papa, je veux faire pipi ». « Maman, c’est quand qu’on arrive ? » (toutes les deux minutes, après vingt minutes de route). « Bordel, où est-ce que le GPS nous emmène encore ? ». « Mince, tu as mis l’alarme ? Bon, je fais demi-tour ». « Noé, reviens ici ! »

Je suis en vacances pour être zen, pas pour me prendre le chou.

Parce qu’aller dans un camping près d’une plage ne me parle pas

J’ai littéralement le camping en horreur. Je trouve qu’il y règne une sorte de pression sociale à s’afficher détendu et je ne supporte pas l’ambiance. Sans doute est-ce lié à mon trouble de la communication sociale et de la pragmatique (faut bien qu’il serve à quelque chose, celui-là). Si je pars, c’est pour bouger : abbayes, musées, espaces naturels, etc. (cf. le second point de cette liste). Si je dois participer aux activités sociales du camping, ou en subir le bruit, ça va vite me péter le jonc. Ce n’est pas écrit « ours » pour rien dans le nom du blog.

Parce que je préfère l’hôtel, mais l’hôtel c’est, cher

L’hôtel, c’est cool. C’est classe, on ne vient pas te briser les noyaux, tu fais ce que tu veux, tu as un lit fait et une douche propre tous les jours. Ca ce sont des vacances ! Ne s’occuper que de sa petite personne, prendre son petit-dej’ au saut du lit sur le balcon qui a une vue magnifique et laisser le reste à des gens payés pour ça. Par contre, l’hôtel, c’est encore hors budget pour y passer une semaine en famille. Mais je ne creuse pas davantage le problème, puisqu’il y a tous les points précédents pour m’inciter à rester chez moi.

Parce que j’ai trois chats et deux poules

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Sakura, Homaï, Leeloo, pour les chats ; Winry et Seli, pour les poules. Et quand on a des animaux, on ne se comporte pas en gros connard de base en les abandonnant sur la route. La France, c’est le mauvais élève de l’Union Européenne en la matière, avec 100 000 abandons par an, dont 60 000 l’été. Sur trois mois, il y a donc 60 000 foyers dont au moins l’un deux membres du couple est une raclure de fond de bidet. Ca représente environ 666 abandons par jour au cours de l’été (contre « seulement » 148 par jour le reste de l’année). Chaque année.

Alors je pourrais faire venir des copains pour s’en occuper, et touti quanti, mais ce n’est pas aussi simple : ne serait-ce que parce que Homaï a un vécu particulier qui impose que ce soit moi ou mon épouse qui nous occupions de lui, ou autrement il ne mangera pas et pissera partout. Quant aux poules, elles ont besoin d’être sorti sous surveillance un certain temps et qu’on leur donne des restes, tous les jours ou presque.

Bref, quand on a des animaux, on assume.

Parce que les vacances, ce n’est pas écolo

Voilà peu, mon beau-père nous parlait d’un groupe de jeunes qu’il a rencontré à un festival où il est bénévole. De pures clichés : dreadlocks et pétard au bec, à vouloir refaire le monde… mais à prendre l’avion pour venir en festoche. Logique. Sauf que quand on part en vacances, on explose son bilan carbone. On nous parle d’écologie à tous les niveaux, et bon nombre de personnes s’affichent comme de véritables défenseures de la planète. Pourtant, dès qu’il s’agit de partir en vacances, on comprend que c’est aussi les vacances des convictions. Alors on fait quoi ? « Partout les signaux sont au rouge, le canari meurt au fond de la mine, et malgré cela personne sur Terre ne réagit ». Alors, partir occasionnellement, pourquoi pas ! Mais pas chaque année.

Parce qu’il y a assez saloperie dans notre quotidien pour collectionner les cancers

Selon des estimations, on considère qu’environ une personne sur deux sera atteinte d’un cancer dans sa vie. Alors si je peux diminuer cette statistique en m’évitant le cancer de la peau, ça me convient tout autant. D’ailleurs, saviez-vous qu’il n’y a rien de pire que certaines crèmes solaires pour choper un cancer ? La crème solaire est là pour empêcher les coups de soleil en filtrant les rayons ultra-violets, les UVA et les UVB.

Le problème, c’est que toutes les crèmes solaires ne sont pas qualitatives : certaines vont vous protéger des UVB seulement, et non des UVA (dont les effets ne se voient pas). Ors, ce sont ces derniers qui sont le plus cancérigènes, tandis que les UVB, ceux qui vous font bronzer et attraper des coups de soleil, sont aussi ceux qui permettent la fabrication de la vitamine D et donc de réparer les dégâts de causés par les UVA. En vous protégeant des UVB, vous empêchez les coups de soleil, mais pas les cancers. Finalement, en se croyant protégés, on s’expose à davantage de risques. Et comme notre corps a besoin de vitamine D, l’écran total 100 sur UVA + UVB n’est pas non plus une solution idéale.

Bref, contrairement aux idées reçues, la meilleure protection est celle de nos aïeux : de 11h à 17h, toujours en t-shirt, voir en manche longue s’il ne fait pas trop chaud. Et on évite d’être torse nu autant que possible. Cachez ces abdos que je ne saurais voir.

Parce que chez moi est le meilleur endroit du monde

Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part s’il y a un endroit où je me sens particulièrement bien, c’est chez moi. Et plus particulièrement, le fauteuil de lecture situé dans le coin de mon bureau. Mon petit kiff, c’est de m’y installer confortablement assis en tailleur avant de me coucher, et de profiter de l’instant sans rien faire ou en priant. Et puis chez moi j’ai ce qu’il me faut, la déco est sympa, le cadre également, j’ai un chouette jardin. Et si je veux visiter un musée éloigné, Internet est là pour ça : de voir un objet en vrai ou en photo ne change en rien l’intérêt que je peux avoir pour cet objet et me contente parfaitement.

 

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Sébastien

Consultant en communication, designer graphique, formateur, blogueur, chroniqueur radio, catholique, metalleux, zèbre et électron libre. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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