Je n’ai pas de studio d’enregistrement, mais j’ai des idées ! Depuis que je me suis mis aux fictions audio, je rencontre un problème qui a tendance à me titiller : mon étude, qui est le lieu où je réalise mes prises de son, provoque un léger écho. Alors j’ai partiellement résolu le problème à ma façon.
La plupart du temps, seuls les connaisseurs seront attentifs à ce problème d’écho, le plus souvent noyé dans le rendu final avec le décor sonore et la musique. J’ai beau avoir un Blue Yeti comme micro, passer toujours par de la postprod, je suis un homme de détail : le résultat ne me convient pas, mais je ne roule pas sur l’or.
À l’occasion de l’une des fictions audio, les gamins faisaient trop de bruit. J’ai donc essayé une prise de son à l’étage de ma maison. Ledit étage est en ossature bois avec cloisons en bois apparentes. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que non seulement l’écho y était absent, mais surtout que ma voix y était légèrement plus chaleureuse et plus profonde ! Sauf que monter tout le matos à l’étage à chaque fois, merci, mais non. C’est alors que l’ami Samuel m’a parlé des grosses cabines en bois parfois utilisées pour la prise de son. L’idée est sympa, mais impensable ici compte tenu de la place disponible.
Alors je me suis dit… et si j’en faisais une version miniature ? Ça ne serait pas aussi bien, mais ça permettrait certainement d’obtenir un meilleur rendu final. Très rapidement, les plans se dessinent tout seuls dans ma tête. Un bref tour au garage me permet de constater que je n’ai pas besoin d’acheter quoi que ce soit. J’étais un peu limite en termes de vis, mais mon bocal de vis rouillées (rien ne se perd, tout se transforme !) à répondu à ce problème.
Alors voilà, je vous présente ma record box (comme je l’appelle) et les étapes de sa réalisation. Et on va même voir ensemble de quoi je me suis servi et pourquoi. Car ceux qui me connaissent s’en doutent : rien n’a été laissé au hasard !
Alors oui, ceci est une planche. Si je suis bien incapable de vous dire de quelle essence de bois il s’agit, je précise toutefois qu’il s’agit d’une planche conservée suite à la rénovation de ma salle de bain de l’étage. Pourquoi cette précision ? Et bien parce qu’il s’agit du même bois que celui des cloisons de l’étage. Je connais donc la capacité d’absorption du son de ce bois pour l’avoir expérimentée.
Après découpe des différents pans et récupération des différents éléments, voilà donc ma matière première. Les tasseaux serviront à bien fixer les pans à la base. C’est moins esthétique que des équerres, mais j’ai fait avec les moyens du bord. Le bois blanc est du pin (un bois relativement dense par rapport au bois plus foncé) provenant de chutes quand j’ai fait des étagères pour les placards de la maison.
Okay, voilà le bousin monté ! En cours de route, je décide d’ajouter un plateau. Je surélève toujours mon micro avec une pile d’anciens agendas, alors autant m’épargner ce problème par la même occasion. Si les petites équerres de plastique n’étaient pas suffisantes pour fixer les pans à la base de la record box, elles permettent en revanche ici de consolider le tout correctement par le biais de l’étagère. Bref, c’est du solide !
J’ajoute deux petites butées pour éviter que le micro se ramasse la gueule à cause d’un faux mouvement. Ça serait con. Par ailleurs, j’ajoute un petit panneau monté sur charnière pour limiter davantage les sons parasites venant du haut. Il s’avérera finalement inutile, comme je l’explique à la fin. Je comble également le jour entre les trois grands panneaux par des baguettes venant d’un ancien parc en bois pour bébé et qui servaient parfois de tuteur au jardin. Je vous l’ai dit : rien ne se perd !
Un petit coup de colle à bois dans le dos de la record box pour maintenir les baguettes, mastic de bois sur l’intérieur pour limiter les aspérités. Faute de suffisamment de mastic, sur le “rez-de-chaussé” je comble ces aspérités au silicone pour que ce soit propre. Maintenant, place à la peinture et aux finitions… !
Avant d’en arriver là, je suis passé par un coup de bombe de sous-couche noire sur certaines parties pour que la peinture accroche bien : colle sèche, mastic, silicone, charnière, etc. La peinture bleue à paillette argentée est un reste ayant servi pour la porte de la chambre de mon fils aîné. Sur le côté, un petit trou pour laisser passer le câble du micro.
En dessous, des petits rectangles d’isolants thermiques contenant du polystyrène. L’idée ici est de limiter les vibrations et mettre la record box de niveau : comme c’est collé avec du silicone, j’ai pu ajuster le niveau par la même occasion en appuyant plus ou moins fort selon les côtés.
Et voilà le résultat final ! Ne tenez pas rigueur de la bonnette faite maison sur le micro. C’est ce que j’ai trouvé de plus efficace comme filtre anti-pop, les authentiques bonnettes et filtres anti-pop ne faisant pas leur job correctement avec ma voix. Sous le micro, à nouveau une couche d’isolant, pour limiter les vibrations et éviter que le son ne rebondisse sur le bois de pin. Au rez-de-chaussée, un rouleau d’isolant collé, pour d’une part éviter de créer une résonnance malvenue provenant du dessous, mais aussi piéger davantage de sons parasites. Je n’ai pas été très minutieux sur les bords, car ce n’était pas le but. Je réserve ma minutie à la peinture sur figurines.
Version dépliée. L’idée était de pouvoir utiliser également ma record box lorsque je suis debout, sans qu’on ne la voit à la webcam. Mais on va en reparler dans le bilan.
Temps total de conception et réalisation : 4h30. Et je dois dire que je suis assez content de moi.
Tests comparatifs et bilan
Alors c’est bien mignon, mais cela ne vaudrait absolument rien sans faire quelques essais. Je vous épargne la publication des fichiers audio qui en résultent, mais voici ce que ça a donné :
- Test sans la boîte : écho ambiant, son clair. Bref, c’est le résultat que j’obtiens habituellement, avant le passage en postproduction.
- Test avec la boîte, panneau supérieur fermé à 45° et donc couvrant le micro : présence d’un écho ambiant différent qui est certainement provoqué par le panneau supérieur, réduction des sons environnants, son plus chaleureux. Le résultat n’est finalement pas plus intéressant.
- Test avec la boîte, panneau supérieur en position verticale, dans le prolongement du panneau central : écho diminué par rapport aux tests 1 et 2, réduction des sons environnants, son plus chaleureux. Résultat un peu plus intéressant, mais jusque là je dois admettre que ça fait beaucoup d’efforts pour pas grand-chose.
- Test avec la boîte, panneau supérieur retiré : très peu d’écho, réduction beaucoup plus importante des sons environnants (ceux-ci ne se répercutent plus sur le panneau amovible), son plus chaleureux. C’est précisément le résultat que j’attendais ! Je ne pensais toutefois pas que je l’obtiendrais sans le panneau amovible et que sa présence provoquerait l’effet inverse.
Bref, pari réussi ! Si toutefois je devais faire une v2 de ma record box :
- Je diminuerai l’angle des panneaux d’une dizaine de degrés
- J’opterai pour des panneaux de fond plus larges et d’un centimètre et demi plus haut, afin d’arriver juste au-dessus du sommet du micro (là j’étais contraint par ce que j’avais sous la main) qui actuellement dépasse très légèrement
- Pas de panneau amovible (je vais le retirer de la v1, de même que les charnières)
Vous pourrez constater la différence lors de la partie 3 du Labyrinthe de Satan, à paraître d’ici une dizaine de jours.
1ère mise à jour (2022)
Après quelques mois d’utilisation, j’ai été amené à isoler phoniquement la porte de mon bureau. J’ai donc profité des chutes de mousse acoustique pour améliorer la record box et me créer un panneau acoustique (visible en arrière-plan) pour fermer la chatière lors de mes prises audio. Certains auront remarqué que j’ai également acheté une bonnette et un filtre anti-pop : il s’est avéré qu’avec le Blue Yeti, il fallait que j’utilise les deux en même temps pour que ce soit réellement efficace. Le son est légèrement plus étouffé, mais ça m’apporte un meilleur confort au montage.
2ème mise à jour (2026)
Tandis que j’utilise cet équipement DIY depuis maintenant plusieurs années, j’ai profité d’une après-midi tranquille pour lui apporter de nouvelles modifications. La première raison tient au changement de micro. Je suis passé sur de l’analogique voilà presque deux ans et mon DynacCaster est bien plus haut que le Blue Yeti, rendant la tablette inutile. Depuis que j’ai ce nouveau micro, je le place donc devant la boîte et non plus à l’intérieur. Par ailleurs, suite à la pose récente de mousses acoustiques sur les murs de mon bureau, je me suis retrouvé avec une quantité non négligeable de rabe. C’était donc l’occasion d’adapter ma record box en conséquence. Remise à nue, retrait de la tablette, ajout d’un revêtement en bas pour masquer les restes de silicone et aplanir la zone, et enfin, nouvelle mousse.
J’en ai aussi profité pour en ajouter sur l’extérieur, afin de casser le son qui arrive sur le bois. En bonus, j’ai ajouté une poignée en paracorde, afin de ne pas abîmer la mousse quand je saisis ma record box. Au final, changer de micro m’aura fait évoluer ma record box vers quelque chose d’assez proche de ce qu’on trouve aujourd’hui sur le web pour quarante balles. Mais uniquement avec du rabe, donc pour zéro euro.
