Record Box : mon studio d’enregistrement mobile DIY

Par , Le 11 avril 2022 (Temps de lecture estimé : 8 min)

Je n’ai pas de studio d’enregistrement, mais j’ai des idées ! Depuis que je me suis mis aux fictions audio, je rencontre un problème qui a tendance à me titiller : mon bureau, qui est le lieu où je réalise mes prises de son, provoque un léger écho. Alors j’ai résolu le problème à ma façon.

mioursmipanda recordbox miniatureLa plupart du temps, seuls les connaisseurs feront attention à ce problème d’écho, le plus souvent noyé dans le rendu final qui contient aussi le décor sonore et la musique. J’ai beau avoir un Blue Yeti comme micro, passer toujours par de la postprod, je suis un homme de détail : le résultat ne me convient pas totalement (et je ne roule pas sur l’or pour m’acheter du matos haut de gamme).

À l’occasion de l’une des fictions audio, les gamins faisant trop de bruit j’ai donc essayé une prise de son à l’étage de ma maison. Ledit étage est en ossature bois avec cloisons en bois apparentes. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que non seulement l’écho y était absent, mais surtout que ma voix y était légèrement plus chaleureuse et plus profonde ! Sauf que monter tout le matos à l’étage à chaque fois, merci, mais non. C’est alors que l’ami Samuel m’a parlé des grosses cabines en bois parfois utilisées pour la prise de son. L’idée est sympa, mais impensable ici compte tenu de la place disponible.

Alors je me suis dit… et si j’en faisais une version miniature ? Ça ne serait pas aussi bien, mais ça permettrait certainement d’obtenir un meilleur rendu final. Très rapidement, les plans se dessinent tout seuls dans ma tête. Un bref tour au garage me permet de constater que je n’ai pas besoin d’acheter quoi que ce soit. J’étais un peu limite en termes de vis, mais mon bocal de vis rouillées (rien ne se perd, tout se transforme !) m’a permis de terminer ça quand même.

Alors voilà, je vous présente ma record box (comme je l’appelle) et les étapes de sa réalisation. Et on va même voir ensemble de quoi je me suis servi et pourquoi. Car ceux qui me connaissent s’en doutent : rien n’a été laissé au hasard !

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Alors oui, ceci est une planche. Si je suis bien incapable de vous dire de quelle essence de bois il s’agit, je précise toutefois qu’il s’agit d’une planche conservée suite à la rénovation de ma salle de bain de l’étage. Pourquoi cette précision ? Et bien parce qu’il s’agit du même bois que celui des cloisons de l’étage. Je connais donc la capacité d’absorption du son de ce bois pour l’avoir expérimentée.

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Après découpe des différents pans et récupération des différents éléments, voilà donc ma matière première (pour le bois uniquement). Les tasseaux serviront à bien fixer les pans à la base. C’est moins esthétique que des équerres, mais j’ai fait avec les moyens du bord. Le bois blanc est du pin (un bois relativement dense par rapport au bois plus foncé) provenant de chutes quand j’ai fait des étagères pour les placards de la maison.

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Okay, voilà le bousin monté ! En cours de route, je décide d’ajouter une étagère. Je surélève toujours mon micro avec une pile d’anciens agendas, alors autant m’épargner ce problème par la même occasion. Si les petites équerres de plastique n’étaient pas suffisantes pour fixer les pans à la base de la record box, elles permettent en revanche ici de consolider le tout correctement par le biais de l’étagère. Bref, c’est du solide !

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J’ajoute deux petites butées pour éviter que le micro se ramasse la gueule à cause d’un faux mouvement. Ça serait con. Par ailleurs, j’ajoute un petit panneau monté sur charnière pour limiter davantage les sons parasites venant du haut. Il s’avérera finalement inutile, comme je l’explique à la fin. Je comble également le jour entre les trois grands panneaux par des baguettes venant d’un ancien parc en bois pour bébé et qui servaient parfois de tuteur au jardin. Je vous l’ai dit : rien ne se perd !

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Un petit coup de colle à bois dans le dos de la record box pour maintenir les baguettes, mastic de bois sur l’intérieur pour limiter les aspérités. Faute de suffisamment de mastic, sur le « rez-de-chaussé » je comble ces aspérités au silicone pour que ce soit propre. Maintenant, place à la peinture et aux finitions… !

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Avant d’en arriver là, je suis passé par un coup de bombe de sous-couche noire sur toutes les parties potentiellement à problème pour la peinture : colle à bois, mastic, silicone, charnière, etc. L’idée était que la peinture finale accroche bien. La peinture bleue à paillette argentée est un reste de peinture ayant servi pour la porte de la chambre de mon fils aîné. Sur le côté, un petit trou pour laisser passer le câble du micro.

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En dessous, des petits rectangles d’isolants thermiques contenant du polystyrène. L’idée ici est de limiter les vibrations et mettre la record box de niveau : comme c’est collé avec du silicone, j’ai pu ajuster le niveau par la même occasion en appuyant plus ou moins fort selon les côtés.

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Et voilà le résultat final ! Ne tenez pas rigueur de la bonnette « faite maison » sur le micro. C’est ce que j’ai trouvé de plus efficace comme filtre anti-pop, les authentiques bonnettes et filtres anti-pop ne faisant pas leur job correctement avec ma voix. Sous le micro, à nouveau une couche d’isolant, pour limiter les vibrations et éviter que le son ne rebondisse sur le bois de pin. Au rez-de-chaussée, un rouleau d’isolant collé, pour d’une part éviter de créer une résonnance malvenue provenant du dessous, mais aussi piéger davantage de sons parasites. Je n’ai pas été très minutieux sur les bords, car ce n’était pas le but. Je réserve ma minutie à la peinture sur figurines

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Version dépliée. L’idée était de pouvoir utiliser également ma record box lorsque je suis debout, sans qu’on ne la voit à la webcam. Mais on va en reparler dans le bilan.

Temps total de conception et réalisation : 4h30. Je dois avouer être assez content de moi.

Tests comparatifs et bilan

Alors c’est bien mignon, mais cela ne vaudrait absolument rien sans faire quelques essais. Je vous épargne la publication des fichiers audio qui en résultent, mais voici ce que ça a donné :

  1. Test sans la boîte : écho ambiant, son clair. Bref, c’est le résultat que j’obtiens habituellement, avant le passage en postproduction.
  2. Test avec la boîte, panneau supérieur « fermé » à 45° et donc couvrant le micro : présence d’un écho ambiant différent qui est certainement provoqué par le panneau supérieur, réduction des sons environnants, son plus chaleureux. Résultat final pas plus intéressant.
  3. Test avec la boîte, panneau supérieur « droit » dans le prolongement du panneau central : écho diminué par rapport aux tests 1 et 2, réduction des sons environnants, son plus chaleureux. Résultat un peu plus intéressant, mais jusque là ça fait beaucoup d’efforts pour pas grand-chose.
  4. Test avec la boîte, panneau supérieur retiré : aucun écho,  réduction plus importante des sons environnants puisque ceux-ci ne se répercutent plus sur le panneau amovible, son plus chaleureux. C’est précisément le résultat que j’attendais ! Je ne pensais toutefois pas que je l’obtiendrais sans le panneau amovible et que sa présence provoquerait l’effet inverse.

Bref, pari réussi ! Si toutefois je devais faire une v2 de ma record box :

  • Je diminuerai l’angle des panneaux d’une dizaine de degrés
  • J’opterai pour des panneaux de fond d’un centimètre et demi plus haut, afin d’arriver juste au-dessus du sommet du micro (là j’étais coincé par ce que j’avais à ma dispo) qui actuellement dépasse très légèrement
  • Pas de panneau amovible (je vais le retirer de la v1, de même que les charnières)

Vous pourrez constater la différence lors de la partie 3 du Labyrinthe de Satan, à paraître d’ici une dizaine de jours.

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René DROUIN

Entrepreneur, blogueur curieux de tout, écrivain à mes heures perdues, catholique, crypto-enthusiast, THPI. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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