Un an de végétarisme, et après ?

Le 1er Janvier 2015, j’ai définitivement cessé la consommation de chaire animale. Une décision mûrie, que j’avais en tête depuis plusieurs mois. Mais celle-ci surprend les gens. Comment, pourquoi, et pour quelles conséquences, sont les interrogations auxquelles je vais tenter de répondre au terme de cette première année de végétarisme.

Le végétarisme touche à un sujet sensible : l’alimentation. Manger étant une action de notre quotidien, celle-ci affecte souvent les gens dans leur convictions profondes et leur identité. Sans doute est-ce dû à sa dimension culturelle. Fils d’un chef de cuisine restaurateur qui a l’habitude de préparer fois gras et du saumon fumé, voila 3 ans j’étais encore ce qu’on pouvait appeler un viandard. Mais alors quel cheminement m’a amené à changer à ce point, quelle mouche m’a piqué diront certains ?

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Soyez sans crainte, aucun jugement ne sera fait dans ces paragraphes. J’ai été omnivore, aussi serait-il malvenu de vous juger. Prenez donc plutôt celui-ci comme étant ma réflexion personnelle sur la cohérence que j’ai voulu amener dans ma propre vie. Le mot cohérence est un terme qui revient souvent dans mon vocabulaire. Un des gros reproches que je fais souvent aux gens avec qui je débats, c’est de ne pas aller au bout de leur réflexion. Il est parfois difficile d’aller au bout en une fois, d’un coup d’un seul, mais on peut chercher à tendre vers toujours plus de cohérence.

Au commencement

Voila quelques années maintenant, en 2012 me semble-t-il, j’ai proposé à ma femme de cesser la consommation de produits contenant des additifs. Je prenais de plus en plus conscience de la nocivité des additifs, et cela m’inquiétais. Ne pouvant retenir quels additifs étaient sans dangers, ou sans suspicion de dangers, j’ai préféré faire table rase de tout terme dont il est impossible de retenir ou comprendre le nom. Et de l’huile de palme aussi. Ca nous a alors obligé a repenser notre alimentation et très rapidement nous avons appris à faire entièrement à manger par nous même. Par soucis de simplicité, le plus gros de nos courses étaient faites au marché, puis complétées à Biocoop et à Leclerc.

Les effets de cette décision se sont faits ressentir dès le premier mois, à notre grande surprise. Durant cette période, nous avons tout deux ressenti une grande fatigue permanente. Après un bon mois, ça a fini par passer. Il est intéressant de voir à quel point les additifs semblent jouer un effet sur notre cycle du sommeil. Il serait aussi très intéressant de voir ce qu’il en est sur un échantillon plus large de personnes.

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Le temps a passé, et petit à petit nous avons naturellement mangé de moins en moins de viande. Non pas par choix, mais parce qu’on avait appris à écouter notre corps et que celui-ci n’en réclamait tout simplement pas. C’est à la fin du printemps 2014 que je me suis alors rendu compte que cela faisait plus d’un mois que nous n’avions pas mangé de viande, sans y faire attention. Non seulement cette situation me démontrait que nous étions capables de nous en passer, mais en plus ça suivait le cheminement des réflexions que je commençais à développer autour du végétarisme. Finalement, à compté de l’été 2014 j’ai cessé toute consommation de viande et j’ai pris la décision d’en faire autant avec le poisson à partir de Janvier 2015.

Un peu de vocabulaire

Chez les végés il existe plusieurs appellations avec lesquelles on a vite fait de s’emmêler les pinceaux.

  • L’omnivore : il mange de tout.
  • Le flexitarien : ceux-ci se considèrent souvent comme des végétariens se permettant quelques écarts de temps à autres. Ce sont aussi des végétariens en transition ou les personnes consommant naturellement peu de chaire animale.
  • Le végétarien : il ne mange pas d’animaux, pas de crustacés, pas de poissons (idée reçue datant de plusieurs siècles, à une époque où le poisson n’était pas considéré comme un animal) mais consomme quand même des produits laitiers et des œufs.
  • Le pesco-végétarien : bien qu’il se revendique végétarien avec option poisson, il est plus logique de parler de pescétarisme.
  • Le flexitalien : il s’agit d’un terme qu’on voit apparaître ces derniers mois sur la toile. Ce sont des gens qui sont végétaliens chez eux mais végétariens ou omnivores en société.
  • Le végétalien : il a exclu tous produits animaux de son alimentation.
  • Le végan : quant à lui, il exclu ou tente d’exclure tous produits animaux de son quotidien.

Écologie

Je suis sensible à l’environnement depuis longtemps et d’un point de vue factuel, la consommation de produits animaux est une vraie hécatombe écologique. Pour faire simple, avec le seul exemple du bœuf :
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Si vous voulez plus de chiffres, aussi précis que détaillés, voici la dernière vidéo proposée par Data Gueule :

Sachant cela, changer ma consommation était une absolue nécessité d’un point de vue purement factuel. Imaginez tout ce qui pourrait être fait avec les ressources gaspillées à produire ce kilogramme de viande. La vie de notre planète vaut-elle un plaisir gustatif ? Pas à mes yeux.

Éthique

Mais en tant qu’écolo, il devenait plus logique pour moi de parler non plus seulement d’environnement façon COP 21, mais d’appliquer une écologie intégrale dans ma vie, dans mes actes du quotidien. C’est d’ailleurs en parti cette même réflexion qui m’a fait m’ouvrir à la religion, mais ça fera l’objet d’un autre article. Bref, mon rapport à la nature et aux gens changeait et j’en suis venu à considérer chaque être vivant comme mon égal au sein de la Création. Comment pouvait-il en être autrement à mes yeux ? Tous, animaux comme humains, ont des émotions, souffrent, éprouvent de l’amour, réfléchissent, sont capables de compassion, d’erreurs et j’en passe. Le monde en est rempli d’exemples, comme le choix de Sophie de cette vache laitière.

J’en suis venu à penser que je ne peux prétendre à plus de droits sur notre Terre qu’un autre animal, bien qu’un moustique prendra toujours une claque s’il me pique. Par ailleurs, des personnes comme le Père Robert Culat défendent, arguments à l’appui, que la religion chrétienne nous pousse vers le végétarisme. Il n’en fallait pas plus pour que je fasse le lien entre mes différents chemins de pensées et mes convictions.

Santé

Saviez-vous qu’il y a 7 millions d’années, notre ancêtre l’australopithèque était végétarien ? Nos lointains aïeux sont devenus omnivores par nécessité voila 2,5 millions d’années et notre corps demeure herbivore. Plutôt que de répéter ce qui a été dit mille fois, j’invite les plus curieux à aller jeter un œil ici. C’est alors aussi cette recherche d’un retour aux fondamentaux qui m’a poussé vers ce changement.

Ainsi, l’augmentation de la consommation de viande sur ces dernières décennies n’est pas pour rien dans la hausse des cancers. Même l’OMS le reconnait dans une certaine mesure. Et il n’y a pas de carence, c’est un mythe : car être végétarien ne veut pas dire qu’on retire juste viande et poisson, mais que l’on change d’alimentation. Donc de nouvelles recettes, d’autres aliments comme les légumineuses, et des repas équilibrés.

D’ailleurs, devenir végétarien ne m’a pas vraiment fait maigrir. J’ai bien perdu 2 bons kilos au début, kilos que j’ai vite repris après alors que nous mangeons moins qu’avant. Aujourd’hui, nous nous fournissons quasi-exclusivement à Biocoop, avec un petit appoint à Leclerc. Les aliments que nous achetons sont donc plus nutritifs que ceux issus des filières industrielles. A titre d’exemple, on estime qu’une pomme des années 1950 équivaut à 100 pommes d’aujourd’hui. Sans retrouver tous les apports d’autrefois, le bio (et raisonné, et local, de préférence !) sauve les meubles et apporte certainement bien plus que ce que propose la grande distribution.

Mon corps me dit merci car en un an :

  • Je n’ai plus ressenti les classiques lourdeurs dues à la digestion, sauf à la sortie de certains repas chez des gens qui ne sont pas trop regardant à la provenance des aliments.
  • Je réfléchis et je pense plus vite qu’avant. On parle d’une baisse du nombre de neurones à partir de 25 ans, pourtant s’il y a une chose que j’ai constaté, c’est que changer de régime alimentaire m’a rendu plus vif d’esprit et plus lucide que je ne l’ai jamais été. A titre de comparaison, c’est un peu comme quand vous nettoyez votre pare-brise, votre écran d’ordinateur ou vos lunettes, et que vous redécouvrez ce qu’est une image nette.
  • Je ne suis pas tombé malade. Chaque année, je trouve toujours le moyen de me choper un petit virus, quand c’est pas une bonne gastro façon peintre en bâtiment. Là, rien. Peut-être est-ce un peu tôt pour faire le rapprochement, mais c’est une chose que j’ai aussi souvent entendu chez les végétariens et qui semble se vérifier.
  • Je suis plus en forme, de façon générale.

Un truc très cool propre au végétarisme, c’est de pouvoir être gourmand sans se soucier des conséquences. Par exemple, l’huile de coco : celle-ci à une texture proche du beurre et a remplacé ce dernier dans plusieurs plats. Et bien je peux me faire péter le bide de cet aliment miracle sans inquiétude.

2016 et après

En emmenant ma réflexion plus loin, j’ai commencé à cesser progressivement la consommation de la plupart des produits animaux dans mon quotidien. Je me définis donc aujourd’hui comme un végétarien à tendance végan. Si je n’exclus pas totalement les œufs de ma consommation au détour d’un cake fait maison (j’ai plutôt hâte d’avoir mes poules, qui pourront vivre en paix et à leur rythme, même quand elles ne seront plus capables de pondre), j’élimine progressivement les produits issus de la souffrance animale de mon mode de vie.

Tout dépend où vous situez l’animal par rapport à vous-même. Mais imaginez pour moi, qui considère ceux-ci comme je considère les êtres humains : ça tient tout simplement de l’horreur ! Prenons l’exemple du lait (qui à la base, est pour les veaux…) : à la différence d’un animal élevé pour être tué, le lait vient d’une vache dont on vole le lait, qui est élevée pour être violée (appelez ça comme vous voulez, mais inséminer de force quelqu’un avec le bras s’appelle un viol), à qui on retire son petit pour en faire de la nourriture, puis qu’on tue quand elle n’est plus capable de fournir du lait. Je fais pour le moment une exception sur les produits laitiers quand je suis en société, car je sais que ça représente déjà beaucoup pour certains proches de nous préparer un menu végétarien. Mais ce n’est parfois pas sans hauts de cœur et viendra à un moment où je ne pourrai tout simplement plus.

Devenir végétarien m’a énormément apporté et cet article n’est qu’un bref aperçu. Je me sens plus en cohérence vis à vis de mes convictions et je me sens mieux dans ma peau tant moralement que physiquement. J’ai aussi découvert un immense plaisir à préparer des plats de crudités faits de bons produits. Je me jette dessus avec le même entrain qu’un gosse pour ses chocolats de Noël ! Bref, que du bon pour moi et j’en redemande encore.

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Sébastien

Consultant en communication, designer graphique, formateur, blogueur, chroniqueur radio, catholique, metalleux, zèbre et électron libre. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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