Pourquoi je ne m’inscrirai pas au service anti-démarchage Bloctel

Depuis le 1er Juin, chacun à la possibilité de mettre son numéro de téléphone sur liste rouge et s’épargner ainsi les incessants démarchages commerciaux. Ca, c’est sur le papier et c’est plutôt attrayant. Mais dans les faits, il semblerait que ce service ne soit pas ce qu’il prétend être.

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Avec les nombreux appels que je reçois chaque semaine sur mon téléphone fixe, j’ai tout de suite apprécié l’idée de Bloctel. Pour une fois que le gouvernement proposait quelque chose de sympas, ça m’apporterait au moins le confort de ne pas être dérangé inutilement. Avec temps, les démarchages commerciaux étaient devenus des punching-balls, qui prenaient mes coups selon mon humeur. Ca allait du « Service des sports du Vatican, bonjour ! » au « Meeerrrdddeeee » en passant par la kaamelotienne réplique « Elle est où la poulette ?! ». Il valait mieux en rire.

Donc quand le sujet a commencé à faire parler de lui, je me suis dit « why not » et j’avais prévu de m’y inscrire très prochainement. Puis je suis tombé sur la publication Facebook du dénommé Alexandre Coutant, qui a eu l’amabilité d’accepter que j’en reprenne les visuels dans mon article.

Dès le jour de sa mise en ligne, Alexandre s’est rendu sur le site officiel de Bloctel. Et là, fait étonnant, c’est que Bloctel demande une variété assez conséquente d’informations.
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Un petit tour dans les mentions légales du site et on découvre alors que Bloctel – au même titre que de plus en plus de services d’État – n’est pas géré par l’État lui-même. On aurait pu, par exemple, penser qu’un organisme comme la CNIL eut été pleinement habilité à gérer ce type de sujet. En réalité c’est donc une société privée qui a finalement la charge de cette mission de service public.
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Notre ami a alors le bon réflexe d’aller faire un petit tour sur Linked In pour en apprendre un peu plus sur le représentant de ladite société. Et si l’on peut légitimement s’attendre à ce qu’une personne connaissant le sujet soit en charge de gérer ce genre de service, on découvre alors que l’intéressé en a même une certaine expérience.
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Un petit tour de complément sur l’incontournable verif.fr va nous permettre d’en savoir plus sur l’identité des administrateurs d’OPPOSETEL.
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Et là, quand on se rend sur les sites professionnels de ceux-ci, on se rend compte que c’est un peu comme si une bergerie était gardée par des loups.

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Amabis

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CBC

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AID

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Et enfin HSK, entreprise du président d’OPPOSETEL.

Enfin, on ne sera pas plus surpris par les conditions générales d’utilisation qui ne sont pas trop contraignantes pour OPPOSETEL. La clause sur la « persistance d’appels à des fins de prospection » est éloquente.
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Alors concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ?

Non seulement, le service Bloctel ne fonctionnera pas comme l’ont déjà démontré certains, mais en plus les données demandées sont transmises à des entreprises dont justement, l’acquisition et la revente de ce type d’information est le fond de commerce. Cherchez l’erreur, moi ça ne me met pas en confiance. Je vais donc continuer avec mes répliques kaamelotiennes.

Édit du 10 Juin 2016 : Je viens d’apprendre via cet article que l’État n’a pas déboursé un centime pour ce service. En effet, les bénéfices viendront des entreprises qui, pour démarcher, sont tenues d’utiliser les fichiers de Bloctel pour ne pas contacter les inscrits au service de Bloctel. Une information importante, qui me fait toutefois penser que non seulement ça va représenter une dépense non négligeable pour les entreprises qui préfèreront cesser purement et simplement le démarchage téléphonique, mais de surcroit ça marque la création d’un monopole pour l’acquisition de ces fichiers. On notera que la manœuvre est particulièrement futée de la part de M. Huignard : tandis que son business d’origine va en prendre un sacré coup dans les dents, c’est sur la périclitation de son cœur de métier qu’il se rattrape. En matière de déontologie, peut mieux faire.

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Sébastien

Consultant en communication, designer graphique, formateur, blogueur, chroniqueur radio, catholique, metalleux, zèbre et électron libre. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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