Au delà de l’altruisme, l’engagement associatif est vecteur d’expérience

Un constat que je fais dans les différentes associations dont je suis membre, c’est qu’il y a un désengagement citoyen massif qui ne cesse de croître d’année en année. Pourtant, au delà de l’altruisme, les gens devraient plutôt y voir l’occasion de monter en compétences.

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J’en parlais encore Mercredi soir au téléphone avec une collègue du MoDem dont je suis membre : il y a un vrai désintérêt des gens pour la citoyenneté de façon générale. Le problème n’est pas cantonné à la vie politique. Qu’il s’agisse de n’importe quelle association ou initiative citoyenne dans laquelle je suis, une baisse s’observe d’année en année. Beaucoup de gens, déjà découragés de faire preuve d’esprit d’initiative, se focalisent sur eux-même pensant que balayer devant leur porte leur évitera les soucis. Mais sans avoir à invoquer la dette que chacun a envers la société, il y a un réel intérêt personnel pour chaque citoyen à s’impliquer associativement et citoyennement.

L’associatif, école de formation en environnement réel

Dans un monde du travail qui réclame toujours plus de polyvalence et de compétences, mon implication associative m’a donné au fil des années une avance considérable sur quelqu’un qui ne s’implique pas. Jeune Chambre Économique, collectifs militants, réseaux pros, MoDem, paroisse et autres… De fil en aiguille, chaque pierre apportée est un peu plus de pratique et de connaissance acquises. De même, chaque prise de risque pour faire quelque chose que je ne maîtrise pas, c’est le droit de me tromper car on est justement dans le monde associatif. Ainsi acquiert-on un peu plus d’expérience. Et si on se donne la rigueur pour apprendre et faire de son mieux, on se finit alors à maitriser de nouvelles compétences.

Une polyvalence inédite

On peut choisir de rester continuellement dans sa zone de confort et proposer son aide uniquement sur ce qui ne nous effraie pas. Ou on peut se dire qu’on saura se donner les moyens d’apprendre et on tente d’aller vers de nouveaux horizons. Dans mon propre cas, le monde associatif m’aura entre autre permis d’apprendre : le fonctionnement de l’appareil législatif, gérer une équipe, gérer un projet à gros budget, savoir communiquer, m’occuper des relations de presse, démarcher des entreprises et institutions pour financer un projet, investir les réseaux et les institutions, et j’en passe.

Il ne s’agit pas de m’auto-congratuler : je peux vous citer plusieurs dizaines de personnes que je connais bien qui ont au moins autant progressé grâce à leur engagement associatif (parmi eux, une petite pensée pour Boris et son formidable projet Etika Mondo). Ce que je veux dire par là, c’est que s’engager citoyennement permet, au delà de l’altruisme qui nous anime, de monter en compétences de façon bien plus spectaculaire qu’on peut le supposer.

N’allez pas en Amérique, impliquez vous dans des assos

En 2012, un article de Libé titrait “Jeunes de France, votre salut est ailleurs : barrez-vous !” Si à l’époque l’article m’avait semblé avoir du sens, j’ai fini par comprendre qu’il s’agit d’une solution de facilité et surtout d’une fausse bonne idée. Car pendant que la jeunesse est ailleurs, reste ceux qui ne peuvent pas partir, ceux qui ne baissent pas les bras, les médiocres et la grande armée de ceux qui ne font rien.

A leur retour, ces jeunes ayant été chercher l’expérience ailleurs devront faire avec les médiocres qui auront réussi à obtenir de bons postes en France, à défaut de suffisamment de gens compétents vu qu’une part de ces derniers ont préféré aller vérifier la couleur de l’herbe outre-Atlantique. A contrario, si le monde associatif n’offre pas forcément les mêmes perspectives que les US, il n’en demeure pas moins riche en terme d’apprentissage et de rencontres.

La recherche de profils atypiques

De plus en plus d’articles traitent de ce fait : les entreprises qui privilégient les profils atypiques sont plus nombreuses. Il s’agit de personnes ayant un parcours chaotique, de personnes ayant connu une grande mobilité sectorielle, de sans diplôme autodidactes ou des voyageurs qui reviennent au pays. Et pour vous ? Là encore, la multiplication des expériences hors cadre professionnel mais avec une démarche (intérieure) professionnelle vous ouvre de nouvelles portes.

En se formant par l’action à des compétences différentes de ce que notre quotidien professionnel nous permet, nous appelons à nous d’autres opportunités et connectons des univers qui n’ont parfois aucun lien. De là peut naître la véritable innovation. Pas celle de Steves Jobs toute propre et lisse, mais celle qui permet d’améliorer les choses un pas après l’autre. L’expérience est la meilleure façon de révéler les potentialités que nous renfermons. Chacun devient donc une opportunité autant pour soit que pour les autres.

Un réseau

Qui dit asso dit rencontres et dit personnes. Multiplier les typologies de projets, c’est multiplier les rencontres et la variété des personnes qui vous enrichiront de leurs connaissances et à qui vous apporterez vous aussi. Cela vous permet également de faire le lien entre des univers différents et de connecter positivement des idées ou des personnes qui ne se seraient pas rencontrées “naturellement”.

Un réseau, c’est des personnes avec qui l’entraide (mutuelle) est possible quand quelqu’un a besoin d’un coup de main, c’est permettre à quelqu’un de trouver un boulot… ou à vous même d’améliorer votre situation. C’est aussi partager un verre entre amis à l’occasion.

S’autoriser à grandir pour s’apporter à soi et aux autres

Le problème est qu’aujourd’hui, beaucoup de gens reprochent certains de leurs maux à la société dont ils font pourtant partie. Mais où sont-ils du paysage citoyen, associatif, entrepreneurial ou militant ? Nous sommes nombreux à observer que les rangs du bénévolat se vident petit à petit, d’autant plus dans cet univers du bénévolat qui nous pousse à sortir de notre zone de confort. Les club de foot n’ont pas grand chose à craindre : les gens aiment toujours se distraire. Mais si on veut que ça dure, il faut accepter de voir la réalité en face d’autant qu’elle permet de joindre l’utile à l’agréable.

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Sébastien DROUIN

Consultant en communication, designer graphique, blogueur, formateur, chroniqueur radio, catholic veggie, zèbre et électron libre. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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