Devenir parents : réflexions en vrac

Il y a deux semaines, j’ai eu la joie de devenir papa. Devenir jeunes parents est quelque chose d’incroyable et qui semble pourtant si banal avant vu de l’extérieur. Pour ma part, ça m’a surtout fait pas mal réfléchir et remettre ma vie en perspective.

Mon fils Noé est né le 25 Mars dernier, pour notre plus grande joie à ma femme et moi. Mais entre le moment où on s’apprête à devenir parent et celui où on l’est, c’est comme si on était entré dans une autre dimension. Toute perspective semble changée et on comprend qu’on n’existe plus pour soit mais pour lui. Lui, qui devient le nouvel épicentre de notre vie.

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Après la première journée de Noé parmi nous, je suis rentré à la maison me reposer un peu. Autant vous dire que dans ma tête ça bouillonnait de réflexions. Certaines me concernant, qui m’ont fait remettre en question plusieurs aspects de ma vie. D’autres concernant ma perception du monde. Bref, voici quelques réflexions en vrac suite à cet événement.

Chaque vie est un univers

C’est une image qui me plaît : chaque vie est comme un univers à part entière. Insufflé par le Créateur, avec son commencement, sa fin, mais aussi et surtout tous les détails qui vont venir le faire grandir, évoluer, changer, se transformer. Autrefois moi et ma femme existions pour nous (ou tout du moins c’est ce qu’il est de bon ton de croire dans notre société individualiste, mais c’est un autre sujet). Désormais nous comprenons que nous existons pour participer à la marche du monde en étant à notre tour invité à transmettre une part de ce que nous sommes à notre descendance. Descendance qui n’est pas un « mini-nous » mais bien lui-même de façon pleine et entière.

Devenir parent, c’est comme la gravité

Quand un copain a appris que j’allais devenir papa, il m’a dit « Seb, je peux te l’expliquer de mille façons, tu ne comprendras pas avant d’être parent toi-même ». Et il avait raison ! J’adapterai la citation d’un film (bien trop navet pour être cité) afin de l’exprimer : devenir parent, c’est comme la gravité. Ce n’est plus cette dernière qui nous retient au sol, mais notre enfant (de façon générale, cette métaphore marche pour tout ce qui nous touche intérieurement). Pour lui on décrocherait la Lune et notre rapport au monde comme aux autres en est transformé. Ça en est presque physique. On découvrirait que l’effet de la parentalité sur la psyché humaine influence des mécanismes épigénétiques que je n’en serai pas surpris.

De l’ordre dans ma tête

Ces sept dernières années, j’ai participé à une quantité de projets assez folle… Je ne dissimule pas ma fierté d’avoir fait tout ce que j’ai fait. Mais avoir un enfant, ça fait du ménage dans votre tête. Ça l’a fait dans la mienne en tout cas. Vous n’êtes plus responsable de vous-même mais d’une vie nouvelle. Une vie qui a besoin de vous tout entier pour se construire. Devenir parent m’a rendu prêt à réduire la voilure sur bien des choses pour mieux me concentrer sur l’essentiel : être là pour mon fils et lui donner les moyens de se construire. Et ça sera sans doute une surprise pour certains qui me connaissent bien, mais à aucun moment les décisions que ça m’a fait prendre pour la suite ne sont vécues comme des contraintes. Bien au contraire, l’avenir de Noé étant devenu un objectif de vie – tout en restant bien entendu fidèle à mes convictions et sans m’oublier – le reste a bien moins d’importance.

Des difficultés à ne pas refouler

Clairement, les premiers jours ont été difficiles à gérer, entre autre de part les conséquences liées à la prématurité de Noé (1 mois et 2 jours). Mais il ne faut pas avoir honte de ces difficultés. J’ai pourtant discuté des débuts de la parentalités avec de nombreux parents ces derniers mois. Et si parfois moi ou ma femme avons eu des réflexions cyniques du type « bon courage », je comprends aussi ce que ça cache d’inavoué. Je l’avais déjà remarqué avant, beaucoup de gens semblent culpabiliser de ne pas aimer certains aspects de la parentalité. Bien que ça fasse parti du lot, on a le droit de ne pas aimer ces inconvénients. Je ne les aime pas non plus et l’inverse serait un tantinet masochiste. Je crois qu’il est important de se l’admettre pour mieux faire avec.

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Parents de plus en plus tard, source de superficialité ?

On dit de notre société qu’elle est superficielle et individualiste. Je me suis alors fait la remarque suivante : n’est-ce pas parce que nous devenons parents de plus en plus tard ? Autrefois, nos aïeux n’avaient pas le temps de vivre une vie d’adulte égoïstement comme c’est le cas pour nous. Ils étaient plongés dans le grand bain de la parentalité après un mariage avant leurs vingt ans, à la suite duquel un premier enfant tardait rarement à arriver. On avait alors certainement d’autres préoccupations que le dernier épisode de la série branchée du moment.
La vie en communauté était aussi tout autre et les grands-parents participaient activement à l’éducation de leurs petits-enfants pendant que les parents étaient au travail. Sans tomber dans l’idéalisme du « c’était mieux avant » ni faire de la sociologie de comptoir, on peut penser que cela faisait voir les choses autrement. Ou peut-être est-ce parce que je vois ça à travers un prisme qui n’est propre qu’à moi-même ? Devenir père a en tout cas chassé d’un revers de la main – et sans que cela ne me touche – bien des préoccupations et des centres d’intérêts.

Gardiens de son identité numérique

Ca en surprendra certains : vous ne verrez aucune photo du visage de Noé sur la toile avant qu’il ne soit lui-même en âge de disposer librement de son image. Internet se souvient d’absolument tout. Notre génération a connu l’époque où il était de bon ton d’être anonyme sur la toile. Si bien que tous nos commentaires et casseroles sont pour ainsi dire inexistants, puisque rattachés à des avatars fictifs. Il en va de même pour nos images. Et si je contrôle la confidentialité de mes profils sociaux, je ne suis pas certains qu’il en soit de même pour mes proches.
En tant que parents nous sommes alors les gardiens de l’identité numérique de Noé. Il aura bien sur tout ce qu’il faut de créé et paramétré par nos soins et en disposera à sa convenance au début de son adolescence. Là alors, il sera averti mais libre de ce qu’il fait de son image sur Internet. Voici un très bon article de Slate sur le sujet : Vie privée et Facebook, pourquoi je ne poste rien de mes enfants sur le web.

Un homme bon

J’ai longtemps pensé que le meilleur des engagements pour la société était celui qu’on faisait comme citoyen, en étant impliqué dans des associations, en faisant bouger les lignes ou avec un poste élu. Je maintiens que c’est un bon engagement. Mais une fois devenus parents (en plus d’être chrétiens, car mon affirmation ne vaut pas forcément pour les non-croyants), je pense désormais que le meilleur des engagements est ce que nous transmettons à nos enfants et qu’ils pourront à leur tour partager autour d’eux. Il est bien futile de vouloir construire un monde meilleur si nos enfants nos sont pas préparés à recevoir celui-ci avec ses imperfections et à prendre le relais pour le faire changer. Et si pendant qu’on tente de changer le monde, on se focalisait tout de même en priorité sur l’éducation de nos enfants en passant du temps avec eux, en en faisant des personnes de convictions à qui nous aurons transmis nos valeurs ? Bref, une des meilleures choses que moi et ma femme nous pouvons faire aujourd’hui pour les autres, c’est que Noé grandisse et qu’on lui permette de devenir un homme bon.

Combien nos parents nous aiment

Je terminerai sur cette note, sans en faire une généralité : on se rend compte combien nos parents nous aiment quand on devient parent soit-même.

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Sébastien DROUIN

Consultant en communication, designer graphique, blogueur, formateur, chroniqueur radio, catholic veggie, zèbre et électron libre. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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