Astérix chez les Pictes : relève assurée !

mioursmipanda-couverture-pictesLe nouvel opus des aventures des deux gaulois est sorti ce 24 Octobre 2013 et est déjà un succès. La grande première, c’est qu’Uderzo à passé le flambeau en laissant l’écriture à Jean-Yves Ferri et le dessin à Didier Conrad. Et j’ai aimé !

Jeudi soir, tandis que je fais mes courses, juste après les portiques de sécurité, un immense présentoir sur lequel trônent plusieurs dizaines d’exemplaires du nouveau volume d’Astérix. J’avance, puis je fais demi-tour, et poursuis mes courses la BD dans le caddie.

Un peu plus tard dans la soirée, je dévore l’album : je retrouve le gaulois à ses premières heures ! Ne nous le cachons pas, depuis qu’Uderzo avait repris seul la plume de son double Gosciny, ce n’était plus vraiment comme avant. Plus les volumes défilaient, plus nous nous éloignions un petit peu de l’esprit d’origine. Non pas qu’Uderzo faisait mal son job, loin de là, mais simplement les premiers volumes nous avait habitué à un état d’esprit qui, à mon goût, s’estompait peu à peu et manquait, je pense, à de nombreux lecteurs.

Après « Le ciel lui tombe sur la tête » (si l’on occulte l’album du cinquantenaire), Uderzo décide de passer le flambeau à Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. Le premier est dans le monde de la BD depuis 23 ans, et est nommé comme scénariste par Hachette en 2011 pour reprendre la plume de Gosciny. Le second est dessinateur et succède donc à Uderzo, il a fait ses début en 1973 dans le journal de Spirou. Petite anecdote : ils sont tous les deux nés en 1959, comme nos deux gaulois. Pour ce 35ème album, Albert Uderzo n’est pas resté à rien faire. Au contraire, il à guidé ses successeurs tout au long de la conception, afin de les conseiller dans leurs recherches, choix des costumes, postures, personnages, etc.

Synopsis

« Astérix se rend chez les Pictes, confédération de tribus vivant dans ce qui est devenu l’Écosse du nord et de l’est. L’album démarre en plein hiver, alors que le village des irréductibles Gaulois est recouvert par la neige. Un énorme glaçon, venu de la mer, s’apprête à s’échouer sur les côtes bretonnes. Celui-ci contient un guerrier picte enchaîné : Mac Oloch. Après avoir été dégivré, le Picte souhaite retourner dans son clan du Loch Andloll pour y retrouver sa fiancée Camomilla, enlevée par Mac Abbeh. » (Source : Wikipédia).

Et j’ai aimé !
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  • Le dessin : Certaines BD voient leurs auteurs de seconde main revisiter complètement le style, mais Conrad a préféré respecter le travail accompli jusque là et a vraiment fait des merveilles ! Tout en respectant l’ambiance visuelle générales des bandes-dessinées d’Astérix, il à su y ajouter sa patte de façon subtile sans dénaturer le travail du maître. Par ailleurs, un effort particulier a été fait sur la colorisation. On appréciera aussi les effets de reflets sur les armures romaines.
  • L’hommage au grand frère d’Astérix, Oumpah-Pah : Car Gosciny et Uderzo n’ont pas donné vie qu’à des gaulois ! En 1951, ils avaient déjà collaboré autour d’une bande-dessinée qui ne rencontra pas de succès et dont la production s’arrêta en 1962, Oumpah-Pah (dont je vous recommande la lecture, au demeurant). Conrad a donc calqué le personnage de Mac Oloch sur celui d’Oumpah-Pah pour lui rendre hommage.

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  • Le retour des jeux de mots : Franchement, ça manquait ! Uderzo en faisait aussi, mais on était loin de le style qu’avait René Gosciny. A peine ai-je commencé ma lecture que je me marrait déjà : première case, une vanne pourrie (quand je dis ça, c’est positif ). Ca nous met dans l’ambiance tout de suite et on se laisse prendre facilement par l’histoire. J’ai particulièrement apprécié le subtile tacle envers Apple, page 28

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  • Le scénario : L’histoire est bourrée de références aux travaux passés des auteurs originaux. L’hiver recouvrant l’Armorique dans « Astérix et Cléopâtre », le « méchant » à une couleur bizarre et les clans sont divisés dans « Le Grand Fossé », le foutage de gueule sur les braies dans « La Traviata », et je pourrai continuer longtemps ainsi ! Vu le travail accompli en terme de déroulement et de fond, je m’attends à découvrir à ce qu’il y ai une références pour chaque album existant… De plus, l’histoire est vraiment bien foutue, et celle-ci n’a rien à envier aux albums antérieurs.

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J’ai moins aimé :

  • La présence tolérée d’un romain dans le village gaulois, pour des histoires de recensement.
  • L’absence d’Idéfix au cours du voyage, laissé au village car ce voyage est trop long pour lui.
  • La potion magique ne tient, pour ainsi dire, aucun rôle en dehors du coup de point accessoire d’une Picte.

 

Mais ces « bémols » ne sont que des détails peu importants, compte tenu du fait qu’il s’agit là d’une première pour Conrad et Ferri, et qu’ils ont su prendre la suite avec brio dès le départ. Relève assurée pour Uderzo, dont on saluera au passage la volonté de permettre à ses personnages de vivre sans lui.

Crédit d’images : Uderzo & Conrad, Éditions Albert René.

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Sébastien

Consultant en communication, designer graphique, formateur, blogueur, chroniqueur radio, catholique, metalleux, zèbre et électron libre. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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