Souvenir souvenir : le jour où j’ai quitté la boîte où j’étais harcelé au travail

En discutant avec ma femme de notre avenir, on se posait la question de savoir où nous en serions d’ici quelques années. Une année n’étant jamais comme la précédente dans ma vie, ça m’a fait me souvenir de ce qui s’est passé il y a cinq ans. Du coup, j’ai eu envie de partager avec vous un moment mémorable.

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Il y a un petit peu plus de cinq ans, je travaillais dans les bureaux d’une boîte de transport. J’avais mon activité d’indépendant en parallèle et je m’apprêtais à changer d’employeur pour travailler dans l’imprimerie d’un ami.

Dans cette entreprise de transport, j’occupais le poste de responsable emballages. En gros, j’étais le contrôleur de gestion de la palette Europe. Tous ne le savent pas, mais cet amas de bois à une valeur marchande quel que soit son état. À l’époque, on était autour de 7-8 € la palette en bon état. Et dans une boîte qui en brasse plusieurs milliers chaque mois, ça représente plusieurs dizaines de milliers d’euros. Je remplaçais aussi certains collègues à l’occasion des vacances et les Samedi matins.

Dans cette boutique je me faisais régulièrement casser les noix par un groupe de parasites. Un peu à l’instar du Némésis de Balthazar Picsou, Miss Tick, nous les appellerons les Miss Tiques. Et ces Miss Tiques, autant vous dire qu’elles me les brisaient menues. Entre les coups dans le dos, les saloperies racontées à mon sujet, la critique permanente (alors que pour l’une d’entre elle, je faisais même mieux son taf qu’elle quand je la remplaçais), la vie n’a pas toujours été simple. Puis un jour, le directeur d’agence avec qui ça se passait à peu près bien s’est vu mettre un peu trop la pression par ses propres boss. Du coup, la pression, il l’a fait redescendre et la vie est devenue encore moins simple. Toute erreur de lui-même ou de son second (on les appellera les Rapetou) était forcément la faute d’un autre. Et si vous parveniez à démontrer le contraire, vous pouviez attendre le déluge pour obtenir des excuses. Si encore mon taf avait été mal fait… mais parmi mes homologues du réseau de 22 agences, j’avais le plus souvent les meilleurs résultats.

J’avais alors fini par me sécuriser : un collègue syndicaliste se présentant aux élections des délégués du personnel m’avait proposé d’être son suppléant. Hésitant au début, une dernière crasse de mon boss m’avait fait sauter le pas. J’étais devenu intouchable, mais durant une année on a continué à me mener la vie dure. Jusqu’au jour où on m’a proposé un job en imprimerie. C’était non seulement l’occasion de retourner à mes premiers amours professionnels, mais aussi de quitter cet enfer. Et c’est là que ça devient croustillant. Cinq semaines pile poil avant mon départ, j’ai donc remis ma démission au chef. En sachant que je travaillais du Mardi au Samedi, pour faire chier les Miss Tique et les Rapetou, j’ai alors décidé de quitter l’entreprise… un Vendredi.

Je ne suis pas du genre à soigner mes entrées, mais j’ai pris un plaisir tout particulier à soigner ma sortie. Pour l’occasion, je m’étais offert la compile d’AC/DC du film Iron Man 2, un cigare et une boîte d’allumettes (car un cigare s’allume toujours avec une bonne vieille allumette en bois, afin d’en préserver la saveur). M’étant arrangé pour finir plus tôt que d’ordinaire, je m’en vais saluer tout le monde, le cigare en main, les allumettes en poche et le smile jusqu’aux oreilles. La présence du cigare interroge, mais aucune remarque. Imaginez maintenant la scène : une fois sur le pas de la porte, je prends le cigare en bouche, craque l’allumette pour l’allumer, le déguste un peu et me rend tranquillement à ma voiture cent mètres plus loin. Une fois installé à l’intérieur, je laisse couler quelques minutes, histoire de déguster le moment. Le cigare toujours en bouche, à la façon du colonel John Hannibal Smith (la photo plus haut), la clé sur le contact, lecteur CD allumé, volume au maximum, je démarre ma voiture. Tout était bien entendu préparé d’avance : les enceintes vomissent alors « Highway to hell » à toute blinde. Sans un regard, cigare au bec et musique à fond, je file comme un dératé en passant devant les fenêtres de la boutique qui étaient grandes ouvertes. Je n’ai fait aucun bras d’honneur, mais je pense qu’ils en ont vu un quand même.

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Sébastien DROUIN

Consultant en communication, designer graphique, blogueur, formateur, chroniqueur radio, catholic veggie, zèbre et électron libre. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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