Blood Machines : la pépite de science-fiction française du cinéma indépendant

Il y a neuf ans, j’écrivais sur mon blog pro un article au sujet d’un fan-film au sujet de Matrix, Kaydara, rapatrié depuis sur le présent blog. Ses auteurs viennent de remettre le couvert pour nous proposer Blood Machines, un film qui n’a rien à envier à Hollywood. 

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Flashback. Il y a quinze ans, deux potes, Savitri Joly-Gonfard et Raphaël Hernandez, s’isolent dans un chalet en montagne pour réaliser un projet un peu fou : Kaydara. Ce projet leur avait pris six ans de leur vie, pour un résultat assez exceptionnel, d’autant plus quand on sait le peu de moyens à leur disposition. Depuis, les deux réalisateurs travaillent sous le pseudonyme de Seth Ickerman et produisent divers clips et spots publicitaires.

Un démarrage en mode turbo

C’est au cours de ces collaborations professionnelles que l’idée de Blood Machines voit le jour. En effet, en 2016 ils assurent avec brio la réalisation du clip musical Turbo Killer pour Carpenter Brut. Une réalisation chiadée, qui a su anticiper le retour en force des tendances graphiques issues 70’s et des 80’s. Et puisqu’une image vaut mille mots…

Suite à cette réalisation et six millions vues plus tard, de nombreux fans ont exprimé leur souhait de découvrir plus en profondeur cet univers. C’est là que le projet de Blood Machines a vu le jour. Dans un cinéma français qui, disons-le, prend trop rarement des risques, d’autant plus quand il s’agit de science-fiction, le projet s’annonçait comme une bouffée d’air frais à venir. Seth Ickerman lance alors un Kickstarter, fin 2016 et parvient à réunir près de 185 000 euros.  Par la suite, une seconde campagne est lancée en 2019 afin de boucler la post-production du film. Au total, c’est près de 300 000 euros qui auront été réunis pour que ce projet puisse voir le jour.

Blood Machines, enfant prodigue de la SF française

Je dois d’abord te dire une chose : je n’ai pas encore vu Blood Machines. Celui-ci est dans les salles jusqu’au 4 Décembre dans quelques salles à travers la France. Coincé par mon planning, je devrai pour ma part patienter jusqu’à la sortie du film en DVD. Mais suivant le travail du duo depuis près de dix ans, je n’ai aucun doute sur la qualité de leur réalisation.

L’histoire est donc celle de deux chasseurs spatiaux, Vascan et Lago, traquant Mima, machine rebelle qui souhaite échapper à tout contrôle. Après l’avoir abattue, les deux chasseurs assistent alors à un phénomène hors du commun : le spectre d’une jeune femme sort de l’épave de la machine, comme une âme s’affranchirait de son corps mort. Les deux chasseurs partent alors en quête de réponses, et démarrent une course-poursuite avec le spectateur à travers l’espace. Une course qui risque de les emmener bien au-delà de ce à quoi ils s’attendaient.

Le trailer suffit à lui seul à préjuger de l’esthétique exceptionnelle du film. Si une première approche peut laisser croire que Savitri Joly-Gonfard et Raphaël Hernandez ont tourné à la mescaline, il faut plutôt regarder du côté de leurs influences pour en comprendre la démarche artistique. On retrouvera ainsi aisément des références à Star Wars, une pâte marquée dans le style de Ghost in the Shell et Blade Runner, ou le côté 70’s des Gardiens de la Galaxie, dans un style poussé à son paroxysme et qui trouve sa propre identité. Et pour prolonger l’expérience du film, un making-off a également été réalisé.

Une pépite pas seulement visuelle

Au travers d’une mise en image sans pareille, le film aborde les thèmes de l’évolution des machines et la place grandissante qu’elles prennent dans nos vies. Bien au-delà d’un simple film de science-fiction, l’histoire fait preuve d’originalité en abordant la question des machines et de l’I.A. sous l’angle du fantastique, de la spiritualité et du vivant. On pouvait d’ailleurs retrouver ses questions dans la série de courts métrages Animatrix, univers cher à Seth Ickerman. Le film a toutefois la particularité, je le redis, de ne pas aborder ces questions sous l’angle scientifique.

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Pour comprendre le questionnement proposé, faisons une petite parenthèse sur l’origine du mot âme, dont l’étymologie se trouve dans le latin avec le mot anima, qui fait allusion au souffle qui anime le corps. Tu remarquera alors certainement la racine des mots animés et animal. Ainsi, initialement, ce qui est animé ou animal est nécessairement vivant, car disposant d’une âme, d’un souffle de vie. Sachant cela, si une machine devient aussi proche que possible d’un humain, peut-on la considérer pour autant comme un simple objet ? Qu’est-ce que la définition du vivant ? À moins que l’humain ne soit juste une machine plus aboutie que les autres ? Des questions omniprésentes dans notre société, à l’aube du transhumanisme et de la montée en puissance de la robotique.

Ne traîne pas !

Je te conseille alors vivement ce que je ne suis pas en mesure de faire moi-même : va le voir d’urgence ! Il te reste peu de temps, puisque le film est dans certaines salles, jusqu’à demain 4 Septembre. Je rééditerai toutefois cet article lors de la sortie DVD du film, afin de t’en informer. Je n’ai qu’une seule crainte concernant ce film : terminer sur un goût de trop peu, tant cette production – non contente de faire honneur à la science-fiction française – semble de haute facture.

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René DROUIN

Consultant en communication, designer graphique, formateur, blogueur, catholique, metalleux, zèbre et électron libre. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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