Chère Jeune Chambre Économique, c’est fini entre nous.

Ceux qui me connaissent de près ou de loin savent que j’ai une histoire particulière avec la Jeune Chambre Économique (JCE). Et pourtant, après huit années d’engagement sans faille, je rends les armes et je décide de passer à autre chose. Mais pas sans me rendre justice.

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Je ne reviens pas sur ce qu’est la JCE (aussi appelée JCI à l’international). J’avais non seulement déjà écrit un article sur le sujet, mais ceux qui s’intéressent à l’engagement citoyen trouveront facilement de la documentation sur Internet. Ce mouvement, je l’ai aimé, bordel. Je lui aurai donné, beaucoup donné. Et il m’a beaucoup pris, même parfois bien plus que ce à quoi je m’attendais. Mais alors, qu’est-ce qu’il m’a apporté en retour ! Je ferai toutefois les choses différemment si c’était à refaire, très différemment. Commençons par rendre à César ce qui est à César : je le répète souvent, je ne serai pas là où j’en suis aujourd’hui professionnellement et personnellement si je n’avais pas connu la JCE. Ce mouvement m’a permis de prendre conscience d’une part importante de mon potentiel. Il m’a aussi permis de voir, faire et comprendre une quantité de choses tout bonnement incroyables ! Quand on démarre dans la vie pro avec seulement un BEP en poche, c’est plutôt pas mal et je rends grâce au Ciel pour ça ! Sans parler des amis que j’ai pu m’y faire, dont certains sont comme de ma famille aujourd’hui.

Mais tout ce que ce mouvement m’a apporté ne justifie aucunement ce que certains en font, ce qu’il m’a pris, voir même, et j’ose la figure de style, ce qu’il m’a volé. Et si ce que j’ai balancé n’est que l’œuvre de membres au sein du mouvement, l’inaction, de ceux qui ne disent rien et permettent ces choses, rend le mouvement complice. Au même titre que n’importe quelle autre association ou groupe, les personnes moteurs et intègres restent une minorité et j’estime sans vanité ni modestie en avoir fait partie. Mais avant de rendre mon tablier, j’avais besoin de me rendre justice en informant. Car cet article est avant tout destiné aux autres membres de la JCE. Pas pour les en faire partir, mais pour qu’ils prennent conscience du terrible danger qui guette cette association de l’intérieur. Pour aller plus loin, voir l’excellent billet de Pierre Fournier : Pourquoi j’ai décidé d’arrêter de changer le monde.

Et boum !

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, je vais faire une liste. Aucun nom ne sera révélé, ou alors uniquement oralement à un président national en poste, pour peu qu’il ait le courage de se saisir du sujet. Les membres JCE qui me connaissent reconnaîtront très facilement certaines situations et il m’est d’avis que certains des antagonistes viendront me chercher des poux dans les cheveux après avoir lu cet article. Mais n’allez pas croire que j’écris ces lignes sur un coup de tête : l’article est écrit depuis deux semaines au jour où je le publie. Et même si je ne souhaite pas en arriver là, en publiant cet article je me suis préparé à devoir en découdre. Allons bon, je ne tergiverse plus et je tâche de rester factuel.

  • Il y a eu cette fois où l’on m’a accusé d’affairisme : j’étais passé dans le journal alors que j’étais à la JCE depuis peu. La directrice de la commission de l’action concernée n’avait pas eu cette chance. Elle avait alors été raconter au bureau local de l’époque, que j’avais tiré la couverture sur moi. Sauf que – et un membre du dit bureau en était témoin – je lui avais personnellement présenté le journaliste en question, après avoir bien expliqué à celui-ci que c’était à elle qu’il devait se référer.
  • Cette autre fois, ou un président local m’avait confié un travail (bénévole), jusqu’à ce que je découvre qu’il l’avait confié à une autre personne sans m’en informer, alors que j’avais déjà beaucoup avancé dessus. Réitération de la même situation par une membre proche du dit président, au profit de la même personne.
  • Ce même président local, qui a laissé une ardoise à un ex-futur membre, qui aura alors mis un moment avant de retomber sur ses pieds (on parle bien d’argent, oui oui).
  • Ou ceux qui s’approprient le travail des autres pour en récupérer les honneurs : je pense à un ancien président régional et une membre proche de lui (pour les néophytes, de nos jours n’importe qui peut être président de fédération régionale faute de candidats).
  • La suppression de ma mention commerciale dans les mentions légales d’un site que j’ai gracieusement conçu pour une JCE locale.
  • Ce président local, dont la JCE aurait tout simplement fermée si je n’avais pas été là pour l’accompagner et lui faire mettre en place plusieurs actions concrètes qui ont permis de pérenniser sa JCE locale. Sans faire ça pour la gloire, le merci je l’ai eu dans le cul et lui s’est auto-congratulé lors de son bilan de fin d’année.
  • Cette membre, qui m’a coupé l’herbe sous le pied pour obtenir quelque chose qu’elle savait que je cherchais à avoir, en pensant d’abord à son intérêt personnel.
  • Ou un président local qui, le jour de son élection, a retrouvé son manteau avec un crachat dessus et a été insulté dans son dos par des membres ayant de l’ancienneté qui le connaissaient pourtant peu.
  • Cette ex-future JCE locale, qui n’a pas été affiliée parce que celui qui pouvait donner son aval subissait le “chantage” d’une présidente régionale, qui n’appréciait pas la personne porteuse du projet de création de la dite ex-future JCE locale.
  • Il y a aussi cette présidente régionale, qui s’est appropriée mon travail et en a tiré les honneurs. Travail que j’avais effectué pour la mise en place de ce qui deviendra une future Jeune Chambre Économique locale. Pire encore, elle a délibérément menti au sujet de mon travail pour le dévaloriser et mieux se l’approprier.
  • Cette même personne, qui a de nombreuses reprises à triché et outrepassé règlement intérieur et statuts tout au long de son année de présidente. Et plus particulièrement pour placer son poulain à un poste (alors qu’il n’avait pas les critères requis et était en conflit d’intérêts) et se débarrasser de moi, avec l’aval d’autres présidents locaux. Je n’ai jamais compris ce qui s’était tramé en coulisse. À noter que la dite personne fera partie du bureau national de l’année prochaine, ça promet.
  • Cette présidente locale, qui fait fuir membres et nouveaux arrivants malgré elle, bloque toute initiative qu’elle ne comprend pas. En partie à cause ça, sa JCE locale vivote en épuisant nouveaux arrivants sur nouveaux arrivants à cause de son refus de voir les faits et de stopper la casse. Le plus drôle, c’est que sur la fin cette personne a eu plusieurs idées très intéressantes. Celles d’anciens membres (ou de moi-même) qui lui ont été proposées en vain par le passé.
  • Ou une autre présidente locale, qui plutôt que de faire fonctionner les partenariats pour louer une salle à moindre coût et permettre à une commission de faire des économies, fait fonctionner un ami qui sur-facture la salle pour un montant à quatre chiffres.
  • Ce président local, qui a mis plusieurs mois à me payer une prestation de quelques centaines d’euros, pour laquelle j’avais fait en plus une “réduction JCE” assez conséquente. Il a fallu que je mentionne d’engager des poursuites afin d’être payé.
  • À la JCI on a un titre honorifique pour les anciens membres qui ont accompli des choses importantes pour le mouvement. On appelle ça le sénat, un titre très respecté internationalement au sein de la JCI. La demande de sénat est faite uniquement par des membres proches du concerné, sans que celui-ci ne soit au courant la plupart du temps. Et bien un ancien membre – qui le méritait sans doute dix fois compte tenu de son parcours plus qu’exemplaire – n’a pas obtenu son sénat pour la simple raison qu’il était en porte-à-faux avec… le conjoint de celle qui a traité cette demande de sénat.
  • Je pense aussi à cette membre, à qui on a refusé l’inscription à une formation JCE (pour laquelle elle a le plein droit de participer, du fait de cotiser). Le motif étant qu’on ne la sentait pas pour cette formation. Si on m’avait fait le même coup à mes débuts à la JCE, je n’aurai suivi aucune de ces formations qui m’ont tant apporté et je serai resté membre seulement quelques mois.
  • Cette même membre a d’ailleurs subit du harcèlement morale au sein de la JCE et au cours de l’année qui vient de s’écouler.
  • Ce membre, qui répond à ma place à un message m’étant destiné et avec de fausses informations.
  • Ou la page de ma commission, supprimée aussi tôt après avoir manifesté mon souhait d’arrêter à la fin d’année, tandis qu’elle contient (car remise en ligne) des ressources à télécharger pour d’autres associations.
  • Le fait d’être exclu de la plupart des échanges e-mails depuis que j’ai publié ce billet.
  • Et parce que j’ai dit que je resterai factuel, je ne parle pas de tous ceux qui cherchent à compenser ce que leur vie pro ne leur a pas apporté, plutôt que de se servir de la JCE comme d’un tremplin pour apprendre, essayer puis réussir. Ni de ces ardoises laissées par des présidents régionaux ou même nationaux. Ni de ces membres présents uniquement pour le nom passe-partout que nous apporte la Jeune Chambre Économique (sauf qu’ensuite, il faut réparer la casse causée en terme d’image et d’implication des membres). Ni de ces commissions “kermesses” qui pourrissent le mouvement et nous font passer pour des associations de quartier. Loin de moi l’idée d’être méprisant avec les asso de quartier, la JCE n’a tout simplement pas vocation à prendre ce type d’engagements (chacun son job).

Tout ça pour quoi ?

Je peux continuer comme ça longtemps. Très longtemps. En me relisant, j’ai l’impression de voir de la politique et encore de la politique. Je n’étais pas à la JCE pour ça, j’y étais pour être au service des autres. J’ose d’ailleurs le parallèle avec cet excellent article, sans en faire une généralité : “En politique comme dans les entreprises, les médiocres ont pris le pouvoir”. C’est la même chose ici, sans exagération aucune. On peut me prendre pour un râleur invétéré, mais c’est justement parce que les choses me touchent émotionnellement, me tiennent à cœur. Mais surtout, après huit ans de Jeune Chambre et tout ce que j’y ai fait, je suis légitime pour alerter là-dessus. Car avant de vouloir changer le monde, on ferait bien de balayer devant notre porte d’abord. Vous vous êtes reconnu dans ce texte ? J’ai préparé mon bouclier, vous pouvez m’envoyer vos gadins. J’ai longtemps hésité à écrire cet article, mais si je l’ai fait, je le répète, c’est parce que je suis prêt à en découdre.

Pourquoi un article public sur mon blog plutôt qu’un e-mail ou une conversation ? Parce que j’ai fait ma part et parce que j’ai déjà tiré la sonnette d’alarme de cette façon, sans qu’il ne ce soit passé quoique ce soit. Si la JCE ne se reprend pas, d’ici dix ans elle représentera une poignée de dix à vingt JCE locales en France, pour un effectif national de trois cents ou quatre cents membres. Et quand il s’agit de prospective, je me plante très rarement. Je nourris toutefois quelques espoirs pour le bureau national actuel et celui de l’année prochaine. Car je crois toujours un peu en ce mouvement, tandis qu’il se gangrène et se délite. J’y crois, car je sais plusieurs de ses membres encore intègres, conscients de ces problèmes (pour en avoir parlé avec plusieurs qui partagent mon sentiment) et avec l’énergie pour tenter de faire bouger les choses. Un peu à la façon de Gérard Filoche avec le Parti Socialiste. Mais contrairement à lui, je préfère désormais mettre mon énergie ailleurs. Certains feront certainement sauter le champagne en l’apprenant. Je leur laisse les bulles et les lauriers, je pense que j’ai su tirer le meilleur de ces huit années au sein du mouvement et que celui-ci se trouve ailleurs que dans les coupettes et un bouquet garni.

Sortir avec panache (édit du 19 Décembre 2017)

Ce soir, dernière AG et fin du game pour moi au sein de la JCE. Je claque la porte après 8 ans d’engagement sans faille. J’avais pourtant encore tellement d’idées pour ce mouvement… ! Mais les nombreux coups par derrière et d’autres déconvenues ont fini par avoir raison de mon engagement.

Certains feront certainement sauter le champagne en l’apprenant. Je leur laisse les bulles et les lauriers, je pense que j’ai su tirer le meilleur de ces huit années et que celui-ci se trouve ailleurs que dans les coupettes et un bouquet garni.

Juste pour le principe, je n’attends pas le changement du bureau : lettre de démission d’ors et déjà envoyée. Je pars. Plus de retour possible.

J’arrive à l’AG, c’est cordial, je pose mon sac dans un coin et je m’installe. Un sénateur JCI récemment arrivé dans le coin est présent, avec lui de nouvelles observatrices. J’apprends que la présidente régionale sera là. Ça discute en attendant un dernier membre et la présidente régionale, c’est bon enfant, bien que je sois littéralement ignoré. Vient un tour de table, puis ordre du jour au bout de quarante minutes : ma motion de dissolution (proposée dans un but de provoquer un électrochoc et pour que ce soit inscrit dans le compte rendu) n’est même pas présentée, sans donner de détail sur la motion ni qui la présentait et pourquoi. Apparemment, un article dit qu’elle doit être soutenue en amont par un quart des membres avant l’AG, ce qui n’a pas été le cas. Dixit le président qui a toujours appliqué le règlement de façon très relative et qui n’a pas encore payé sa cotisation. Okay, je perds sur ce front, bien que la mauvaise foi ait aussi été leur arme.

Je me lève en silence, pose mon insigne, pars sans regarder personne, pointe du doigt mon sac que j’avais posé et dis “La transmission est là” (il s’agit des docs de la trésorerie) et je sors sans ajouter un mot. On ne m’a pas rattrapé. Pas même le sénateur pour comprendre ce qu’il se passait.

Comme ils ont voulu la jouer tatillon sur le règlement, j’ai donc considéré que tout mon travail était lié à ma propriété intellectuelle. J’ai donc supprimé et ou récupéré celui-ci. Clap de fin pour Bibi.

Une page se tourne, mais il y en a heureusement bien d’autres à écrire et ce n’est pas les projets qui manquent ! D’autres associations m’appellent depuis un moment et sont contentes de m’accueillir.

See you on the road jaycees.

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Sébastien DROUIN

Consultant en communication, designer graphique, blogueur, formateur, chroniqueur radio, catholic veggie, zèbre et électron libre. Mi-ours, mi-panda et re-mi-ours derrière.

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